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Le secteur culturel togolais traverse une nouvelle zone de turbulences. Réunis au sein de la Fédération Togolaise de Musique (FTM), les artistes et acteurs culturels dénoncent les difficultés persistantes du secteur et réclament notamment l’opérationnalisation effective du Fonds national de promotion de la culture (FNPC), davantage de transparence dans la gestion des ressources dédiées à la culture et le départ du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Isaac Tchiakpé.

La contestation monte d’un cran dans le milieu culturel togolais. Face à ce qu’ils considèrent comme l’absence de réponses concrètes des pouvoirs publics, les professionnels annoncent une série d’actions de mobilisation à Lomé au cours du mois d’octobre prochain.

Lors d’une rencontre avec les professionnels des médias, la FTM a exposé les principales difficultés auxquelles sont confrontés les artistes et acteurs culturels.

Au cœur des préoccupations : le manque de mécanismes opérationnels de soutien à la création, à la production et à la diffusion artistiques, mais aussi la faible animation des centres culturels et les conditions d’exercice jugées difficiles pour les professionnels.

Pour la Fédération, cette situation fragilise durablement l’écosystème culturel et limite les possibilités de développement d’une véritable économie de la culture au Togo.

La principale revendication porte sur le Fonds national de promotion de la culture (FNPC).

Les professionnels demandent son opérationnalisation effective et le respect des textes qui encadrent son fonctionnement et sa gestion. Pour eux, ce mécanisme doit devenir un véritable instrument de financement du secteur culturel.

La FTM estime notamment que le FNPC devrait permettre de soutenir les artistes dans les différentes étapes de leurs activités : création, production, diffusion, promotion et développement de projets culturels.

L’enjeu dépasse ainsi la seule question des subventions. Pour les acteurs du secteur, la mise en place d’un mécanisme de financement efficace pourrait contribuer à structurer davantage l’industrie culturelle, à professionnaliser les métiers artistiques et à créer davantage d’opportunités économiques.

Les artistes réclament également davantage de transparence dans la gestion des ressources affectées à la culture depuis 2022.

La Fédération plaide pour une répartition qu’elle souhaite plus équitable des appuis publics et pour la mise en place d’un environnement permettant aux professionnels de vivre de leurs activités.

Cette revendication intervient alors que les acteurs culturels souhaitent voir la culture davantage considérée comme un secteur économique à part entière, capable de générer des revenus, des emplois et des opportunités pour les jeunes.

À la revendication financière s’ajoute désormais une demande d’ordre politique : la démission d’Isaac Tchiakpé, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme.

La FTM estime que les réponses apportées jusqu’ici par les pouvoirs publics ne correspondent pas aux attentes des professionnels du secteur.

Ariel Dassanou, président de la Fédération Togolaise de Musique, est revenu sur les raisons qui motivent cette demande et sur les principales préoccupations exprimées par les artistes.

Pour la Fédération, la question n’est donc plus seulement celle de la disponibilité de ressources, mais également celle de leur gestion, de leur accessibilité et de leur impact réel sur les professionnels.

La mobilisation annoncée pour octobre devrait principalement porter sur l’opérationnalisation du FNPC et sur les autres revendications formulées par la Fédération.

Pour les artistes, la mise en œuvre effective de ce fonds constitue désormais une urgence. Ils souhaitent notamment disposer d’un dispositif capable d’accompagner durablement la création et de favoriser la production et la diffusion des œuvres.

À travers cette mobilisation, la FTM entend pousser les pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes aux difficultés du secteur.

Le rendez-vous d’octobre à Lomé s’annonce ainsi comme une nouvelle étape dans le bras de fer entre une partie des professionnels de la culture et les autorités. Au-delà des revendications, c’est la question du modèle de financement et de développement de l’économie culturelle togolaise qui se trouve désormais posée.

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