Kpalimé, 5 septembre 2026 – Les couleurs, les sonorités et les saveurs du terroir ont investi, ce samedi, le stade municipal de Kpalimé. À travers Dzawuza 2026, les filles et fils de la communauté Ewé du Kloto ont célébré les premières récoltes d’ignames tout en donnant une nouvelle dimension à cette tradition ancestrale : celle d’un rendez-vous de valorisation du patrimoine et de réflexion sur l’avenir du territoire.
Dans une ambiance festive, les danses traditionnelles, les chants, les tam-tams et les mets du terroir ont rythmé cette célébration, qui a réuni une importante foule venue des différents cantons du Kloto. Des membres du gouvernement, le gouverneur de la région des Plateaux, le général de brigade Dadja Maganawè, le président du Conseil régional, des préfets, des élus locaux et des chefs traditionnels ont également pris part à l’événement.
Pour le président du comité d’organisation, Émile Kossi Atigakou, Dzawuza est avant tout une célébration profondément ancrée dans la spiritualité et l’histoire du peuple Ewé. La fête trouve son origine dans la tradition consistant à présenter les premières ignames à Dieu et aux divinités en signe de reconnaissance.
« Célébrer Dzawuza, c’est honorer la mémoire de nos aïeux et transmettre cet héritage aux générations futures », a-t-il déclaré.
Cette dimension patrimoniale donne à la fête une portée particulière. Au-delà des réjouissances, Dzawuza permet aux jeunes générations de découvrir ou de redécouvrir des pratiques culturelles héritées de leurs ancêtres.
L’édition 2026 s’est toutefois voulue résolument tournée vers l’avenir. Placée sous le thème « Culture, tourisme et économie verte : bâtir le Grand Kloto de demain », elle entend faire de la richesse culturelle un véritable atout pour le développement local.
Le président du comité d’organisation a notamment mis en avant le potentiel agricole du Kloto, présenté comme une « terre agricole et nourricière ». Il a également évoqué l’importance de l’INFA de Tové et des initiatives de mécanisation agricole dans la transformation du secteur. L’ambition est désormais de faire de Dzawuza un espace où la communauté peut réfléchir à son développement et à la valorisation de ses ressources. Dans cette dynamique, le projet de création d’un musée consacré à la conservation du patrimoine local a été annoncé.
Prenant la parole au nom du président du Conseil régional, le ministre conseiller, le général Yark, a salué Dzawuza comme une « vitrine du patrimoine matériel et immatériel » du Kloto.
Pour lui, cette fête constitue également un moment privilégié de retrouvailles et de cohésion. Elle rassemble les filles et fils du Kloto vivant sur le territoire comme dans la diaspora, leur permettant de renouer avec leur histoire et leurs valeurs communes. Il a appelé à la préservation de ce patrimoine et surtout à sa transmission aux générations futures.
À travers ses danses, ses rites, ses produits agricoles et ses mets du terroir, Dzawuza 2026 a offert au Kloto une véritable vitrine de son identité culturelle. Mais la fête porte désormais une ambition plus large : faire de cette richesse héritée des ancêtres une ressource pour le tourisme, l’agriculture et l’économie verte.
Ainsi, d’une génération à l’autre, Dzawuza continue de raconter l’histoire du peuple Ewé, tout en ouvrant une fenêtre sur son avenir. Une tradition qui ne se contente plus de regarder le passé, mais qui entend contribuer à construire le Kloto de demain.
Jean-Marc EDRON













