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Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa politique environnementale. Les députés ont adopté, jeudi 13 août 2026, le projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées. Au-delà de la préservation de la biodiversité, le nouveau dispositif entend faire de ces espaces un levier de développement économique, d’écotourisme, d’emploi et de mobilisation de financements.

Réunis en deuxième séance plénière de la deuxième session extraordinaire de l’année, les députés ont adopté le texte sous la présidence du Prof. Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Prof. Komla Dodzi Kokoroko, a également pris part aux travaux.

Examinée en commission puis soumise à des échanges approfondis, la nouvelle loi vient actualiser le cadre juridique régissant les aires protégées au Togo. Elle vise à mieux répondre aux pressions exercées sur les ressources naturelles, à la dégradation des écosystèmes et aux effets du changement climatique.

Le texte prévoit notamment de renforcer la protection des espèces animales et végétales ainsi que des écosystèmes. Il entend également limiter la pression sur les ressources naturelles et améliorer la résilience des territoires face aux changements climatiques.

Cette réforme comporte aussi un volet institutionnel important avec la création de l’Office national des aires protégées (ONAP). Cette structure doit contribuer à une gestion plus cohérente et plus efficace des espaces concernés.

Au-delà de sa dimension écologique, la loi ouvre des perspectives économiques. Le développement de l’écotourisme figure parmi les opportunités identifiées, avec à la clé la création d’activités et d’emplois dans les territoires concernés.

Le nouveau cadre pourrait également faciliter la mobilisation de financements en faveur de la conservation et de la restauration des écosystèmes. Pour le Togo, l’enjeu consiste ainsi à transformer la protection du patrimoine naturel en opportunités économiques tout en garantissant la durabilité des ressources.

La réforme accorde par ailleurs une place accrue aux communautés locales. Leur implication dans la gestion des espaces protégés doit permettre de mieux concilier les impératifs de conservation avec les besoins économiques et sociaux des populations riveraines.

Pour Aklesso Atcholi, président du groupe parlementaire majoritaire Union pour la République (UNIR), l’adoption de cette loi traduit la volonté du Togo de répondre aux urgences environnementales. Il y voit un « acte de souveraineté écologique », faisant de la protection du patrimoine naturel une responsabilité collective.

Le ministre Komla Dodzi Kokoroko a, de son côté, salué l’adoption du texte, estimant qu’il fournit au pays les instruments juridiques nécessaires à une gestion durable de son patrimoine naturel. Il a notamment mis en avant la protection de la biodiversité, la lutte contre les menaces pesant sur la faune et la flore ainsi que l’ambition d’accroître la couverture forestière.

Le gouvernement entend désormais assurer une application « responsable et efficace » de la nouvelle loi.

L’adoption du texte ne constitue toutefois qu’une première étape. La réussite de la réforme dépendra largement de sa mise en œuvre sur le terrain, notamment de la capacité des différentes parties prenantes à travailler ensemble.

Le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a ainsi insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre exemplaire, fondée sur le dialogue avec les collectivités territoriales, les communautés locales et les organisations de la société civile.

Il a résumé cette approche par une formule : « protéger sans exclure, restaurer sans opposer, gérer sans déposséder ».

Avec cette nouvelle loi, le Togo cherche donc à franchir un cap dans la gouvernance de ses aires protégées. L’enjeu est désormais de transformer ce renforcement juridique en résultats concrets : préserver les écosystèmes, développer de nouvelles activités économiques et améliorer les conditions de vie des populations vivant autour des espaces protégés.

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