La justice syrienne a condamné, le 11 août 2026, l’ancien président Bachar el-Assad à la peine de mort pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Son frère Maher ainsi que plusieurs ex-responsables militaires et sécuritaires ont également été condamnés à mort. Ces verdicts constituent les premières décisions judiciaires visant des figures majeures de l’ancien régime depuis la chute de Bachar el-Assad.
La justice syrienne tourne une page majeure de l’histoire récente du pays. Un tribunal de Damas a condamné à mort, mardi 11 août 2026, l’ancien président Bachar el-Assad, renversé en décembre 2024 après treize années de guerre civile. Le verdict, prononcé par contumace, sanctionne notamment des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis durant le conflit.
« Bachar el-Assad est coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre », a déclaré le juge Fakhr al-Din al-Aryan, citant notamment des faits d’assassinat avec préméditation, de meurtres intentionnels, de meurtre d’enfants de moins de 15 ans, ainsi que des actes de torture ayant entraîné la mort et des privations de liberté.
Le tribunal a donc prononcé la peine capitale à l’encontre de l’ancien chef de l’État, absent lors de l’audience.
Bachar el-Assad avait quitté la Syrie en décembre 2024, alors que les forces ayant conduit l’offensive contre son régime progressaient vers Damas. Il s’était réfugié à Moscou avec plusieurs membres de son entourage.
Son procès s’est ainsi déroulé en son absence. Les autorités de transition avaient engagé, en avril dernier, des poursuites contre l’ancien président et plusieurs responsables de son régime, conformément à leur engagement de faire la lumière sur les crimes commis pendant les années de guerre.
La justice transitionnelle est depuis présentée comme un élément essentiel de la reconstruction de la Syrie et de la réconciliation nationale. Plusieurs organisations de défense des droits humains et gouvernements étrangers avaient également appelé les nouvelles autorités syriennes à garantir des procédures judiciaires crédibles et conformes aux principes de justice.
Le tribunal a également prononcé des condamnations à mort contre plusieurs anciens responsables militaires et sécuritaires, dont Maher el-Assad, frère de l’ancien président et ancien commandant de la 4e division de l’armée syrienne.
Également poursuivis par contumace, l’ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, ancien responsable du renseignement militaire dans la province de Deraa, ont été reconnus coupables de meurtre, de torture ayant entraîné la mort et de privations répétées de liberté. Les faits ont été qualifiés par la justice de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Un seul des accusés était présent à l’audience. Il s’agit d’Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique à Deraa, qui a lui aussi été condamné à mort pour crimes contre l’humanité.
Les poursuites judiciaires renvoient directement aux événements qui ont déclenché le soulèvement syrien en mars 2011. La contestation avait débuté à Deraa, dans le sud du pays, après l’arrestation de 15 adolescents accusés d’avoir inscrit des slogans antigouvernementaux sur les murs de la ville.
Selon des habitants, les jeunes avaient été torturés après leur arrestation. Leur sort avait provoqué des manifestations réclamant leur libération. La répression brutale de ces rassemblements avait rapidement alimenté la contestation à travers le pays.
Le mouvement, initialement porté par des revendications démocratiques dans le contexte des « Printemps arabes », s’est progressivement transformé en une guerre civile d’une ampleur exceptionnelle.
Treize années de conflit ont profondément dévasté la Syrie. Plus d’un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d’autres ont été déplacées, selon les estimations disponibles.
La chute de Bachar el-Assad en décembre 2024 a ouvert une nouvelle période, dominée par les défis de la transition politique, de la reconstruction et de la justice.
Avec ces premières condamnations visant des figures centrales de l’ancien régime, les nouvelles autorités syriennes entendent désormais établir des responsabilités judiciaires pour les crimes commis durant la guerre. Reste à savoir comment ces condamnations seront exécutées, notamment à l’encontre des accusés ayant quitté le territoire syrien.














