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La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) veut accélérer la transformation numérique du commerce intra-africain. Le Secrétariat de l’organisation a annoncé l’entrée dans une nouvelle phase de mise en œuvre de son programme de commerce numérique, à l’issue du deuxième Forum de la ZLECAf sur le commerce numérique, organisé à Lagos, au Nigeria.

Placée sous le thème « Le commerce numérique au service d’un marché africain connecté », la rencontre a réuni des ministres, des responsables publics, des régulateurs, des entrepreneurs, des investisseurs et des partenaires au développement. Objectif : identifier des mesures concrètes pour accélérer la construction d’un marché numérique continental capable de fluidifier les échanges et de renforcer la compétitivité des entreprises africaines.

Les travaux se sont achevés par l’adoption de huit appels à l’action. Cette feuille de route doit accélérer la mise en œuvre du Protocole de la ZLECAf sur le commerce numérique et faire passer le processus du cadre réglementaire à des bénéfices concrets pour les entreprises et les citoyens.

Les engagements adoptés invitent notamment les États africains à accélérer la ratification du Protocole sur le commerce numérique et à renforcer les infrastructures publiques numériques.

La modernisation des procédures douanières et frontalières figure également parmi les priorités, de même que la mise en place de systèmes de paiements transfrontaliers sûrs et efficaces. La feuille de route met aussi l’accent sur la cybersécurité, la protection des consommateurs, le développement des compétences numériques et l’inclusion.

La mobilisation des investissements en faveur de l’innovation et le renforcement des partenariats entre les secteurs public et privé constituent également des axes majeurs de cette nouvelle phase.

« Le commerce numérique constitue une opportunité d’aujourd’hui, capable de transformer l’économie africaine et de créer des perspectives pour des millions d’Africains », a déclaré Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf, lors de la cérémonie de clôture.

Selon lui, l’harmonisation des réglementations, l’amélioration de la connectivité, une gouvernance fiable des données et le développement des compétences numériques sont indispensables pour libérer le potentiel du continent, notamment au profit des femmes, des jeunes, des communautés rurales et des petites entreprises.

Le forum a également mis en avant plusieurs initiatives déjà engagées pour soutenir la digitalisation des entreprises africaines.

À travers le Programme de la ZLECAf pour l’inclusion numérique et l’entrepreneuriat (ADIEP), développé en partenariat avec Google, 7 500 petites et moyennes entreprises réparties dans 19 pays africains bénéficient de formations consacrées au commerce numérique transfrontalier, au cloud computing et à l’intelligence artificielle.

Les participants ont également salué les avancées du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui facilite les paiements transfrontaliers en monnaies africaines et contribue à réduire les coûts de transaction pour les entreprises.

Autre avancée : la signature d’un protocole d’accord entre le Secrétariat de la ZLECAf et Quest Ghana Limited pour le développement d’un corridor numérique du commerce. Le dispositif doit faciliter, suivre et régler les transactions commerciales transfrontalières conformément aux règles de la ZLECAf.

L’enjeu économique est considérable. L’économie numérique africaine, actuellement estimée à environ 180 milliards de dollars, pourrait atteindre près de 712 milliards de dollars à l’horizon 2050.

Pour le Secrétariat de la ZLECAf, la réussite de cette ambition dépendra toutefois de la capacité des États à traduire les engagements continentaux en réformes et en infrastructures opérationnelles au niveau national.

La ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement et présidente du Conseil des ministres du Commerce de la ZLECAf, Jumoke Oduwole, a réaffirmé l’engagement du Nigeria à jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre du Protocole sur le commerce numérique.

Le forum de Lagos s’est ainsi conclu par un appel aux gouvernements africains à intégrer le commerce numérique dans leurs stratégies nationales de développement et de commerce.

À terme, l’objectif est de bâtir un marché africain plus connecté, où les paiements sont plus rapides, les procédures commerciales plus intelligentes et les entreprises, notamment les PME, mieux positionnées pour tirer parti de l’intégration continentale.

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