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Le Sénégal prend la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Réunis dimanche 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous-régionale ont désigné le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.

Le dirigeant sénégalais succède au président nigérian Bola Tinubu. Sa désignation intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la CEDEAO, confrontée aux conséquences du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, désormais regroupés au sein de la Confédération des États du Sahel.

Le sommet a également consacré la nomination d’un autre Sénégalais, le général Birame Diop, à la présidence de la Commission de la CEDEAO. Il succédera, à compter du 1er septembre, au Gambien Omar Alieu Touray, qui dirige l’institution depuis plusieurs années.

« Les instances de la CEDEAO ont accepté la proposition de nommer le général Birame Diop au poste de président de la Commission de la CEDEAO », a déclaré Omar Alieu Touray lors de la conférence de presse organisée à l’issue du sommet.

Cette double désignation confère au Sénégal une position stratégique au sein de l’architecture institutionnelle de l’organisation ouest-africaine. Le choix du général Birame Diop pourrait notamment répondre à la nécessité de renforcer la coordination régionale en matière de sécurité, alors que l’expansion des groupes jihadistes continue de peser sur la stabilité et les échanges économiques dans plusieurs pays de la région.

« Birame Diop connaît très bien les arcanes des organisations internationales. Il a été dans la haute sphère de l’armée sénégalaise. Cela peut être utile, notamment dans la lutte contre le terrorisme, pour harmoniser les politiques », estime un diplomate ouest-africain.

Au-delà des nominations, le sommet de Freetown a été largement dominé par les conséquences du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, officiellement consommé en janvier 2025. Les trois pays, dirigés par des régimes issus de coups d’État, ont depuis consolidé leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La crise avait atteint son paroxysme après le coup d’État survenu au Niger en juillet 2023. La CEDEAO avait alors menacé d’une intervention militaire pour rétablir le président déchu et imposé de lourdes sanctions économiques à Niamey, depuis levées.

En coulisses, les discussions sur les conséquences institutionnelles, économiques et commerciales de ce départ auraient été particulièrement difficiles. La question demeure stratégique pour l’avenir de l’intégration régionale, alors que la CEDEAO doit préserver la fluidité des échanges, la mobilité des personnes et la coopération économique dans un espace de plus de 450 millions d’habitants.

Le sommet a également été marqué par la présence, pour la première fois, du président guinéen Mamadi Doumbouya et du ministre béninois de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni.

À l’issue des travaux, Omar Alieu Touray a appelé les États membres à maintenir le dialogue et à préserver l’esprit d’intégration régionale, malgré les tensions politiques et sécuritaires qui fragilisent la communauté.

« L’Histoire nous enseigne cependant que les périodes d’incertitude sont aussi des moments d’opportunités. Elles nous invitent à renouveler notre engagement collectif envers les idéaux de solidarité, de coopération et d’intégration qui ont inspiré les pères fondateurs de notre communauté », a-t-il déclaré.

Pour le président sortant de la Commission, les décisions prises à Freetown contribueront à façonner l’avenir de l’intégration régionale et les perspectives de plus de 450 millions de citoyens ouest-africains, qui voient en la CEDEAO un instrument essentiel de paix, de progrès et de prospérité partagée.

La nouvelle équipe dirigeante devra désormais s’atteler à un double chantier : restaurer la cohésion politique de l’espace communautaire et préserver les fondements économiques de l’intégration ouest-africaine, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, l’insécurité et la fragmentation croissante de la région.

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