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L’Afrique de l’Ouest fait face à un déficit massif de financement climatique. La CEDEAO estime à près de 294 milliards de dollars les besoins de la région, alors que les effets du changement climatique pourraient provoquer le déplacement interne d’environ 32 millions de personnes. Face à cet enjeu, l’organisation régionale mise notamment sur le développement d’un marché ouest-africain du carbone pour mobiliser davantage de ressources.

Ces chiffres ont été communiqués par le commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, Dr Kalilou Sylla, lors d’un atelier régional consacré à la validation du cadre de création d’une plateforme ouest-africaine du marché du carbone.

Représenté à cette rencontre par Christophe Deguénon, directeur de l’Environnement et des Ressources naturelles de la CEDEAO, le commissaire a rappelé la forte vulnérabilité de la région aux effets du changement climatique. Selon les projections présentées, la hausse des températures pourrait atteindre 1,5 à 3 °C d’ici 2050.

Les besoins de financement climatique de l’Afrique de l’Ouest sont évalués à 294 milliards de dollars, conformément à la stratégie régionale adoptée en 2022. Un montant qui impose, selon la CEDEAO, de diversifier et d’accroître les sources de financement disponibles.

Dans cette perspective, les marchés du carbone apparaissent comme un levier susceptible de compléter les financements publics et les ressources traditionnelles destinées à l’adaptation et à l’atténuation du changement climatique.

La région dispose en effet d’un important potentiel pour générer des crédits carbone. Elle compte plus de 350 millions d’hectares de terres agricoles, de vastes espaces forestiers, des mangroves et d’importantes superficies susceptibles d’être restaurées.

Malgré ces atouts, l’Afrique de l’Ouest reste encore faiblement intégrée aux marchés internationaux du carbone. Plusieurs obstacles freinent la valorisation économique de son potentiel climatique, notamment les insuffisances réglementaires, le déficit de compétences techniques et la faiblesse des mécanismes de suivi, de vérification et de certification.

La mise en place d’un cadre régional harmonisé doit précisément permettre de réduire ces contraintes et de renforcer la crédibilité des projets carbone développés dans les États membres.

Depuis 2024, la CEDEAO travaille ainsi à l’élaboration d’une plateforme régionale destinée à faciliter l’accès des pays ouest-africains aux marchés du carbone. Le projet s’inscrit dans les orientations de la Vision 2050 de la CEDEAO et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le futur mécanisme devrait reposer sur plusieurs principes, notamment la transparence, l’intégrité environnementale, une gouvernance inclusive et la valorisation des efforts climatiques des États membres.

La CEDEAO entend également s’appuyer sur l’article 6 de l’Accord de Paris, qui encadre la coopération internationale entre États en matière de réduction des émissions et de marchés du carbone.

Pour l’organisation régionale, l’enjeu est désormais de transformer le potentiel environnemental de l’Afrique de l’Ouest en actifs climatiques susceptibles d’attirer des capitaux privés et institutionnels.

La validation du cadre de création de la plateforme constitue ainsi une étape importante. La CEDEAO veut mettre en place un mécanisme crédible, transparent et attractif pour les investisseurs, capable de contribuer à combler une partie du déficit de financement climatique tout en soutenant les efforts de transition écologique de la région.

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