La rumeur de prétendues disparitions de sexe, communément appelée « kikiperdu », a suscité inquiétude et tensions à Atakpamé. Face au risque de violences et de justice populaire, la justice s’est saisie de trois affaires impliquant des accusations finalement reconnues comme mensongères par leurs auteurs.
La ville d’Atakpamé a été récemment confrontée à une série d’accusations liées à de prétendues « disparitions de sexe ». En l’espace de quelques jours, trois jeunes ont accusé différentes personnes d’avoir provoqué la disparition de leur organe génital, alimentant une rumeur susceptible de provoquer des tensions et des violences au sein de la population.
Le premier cas remonte au 20 juillet 2026. Un jeune homme avait alors accusé trois agents commerciaux d’être à l’origine de la prétendue disparition de son sexe. Le 28 juillet, un autre jeune a formulé une accusation similaire contre un chauffeur. Le lendemain, un conducteur de taxi-moto a, à son tour, déclaré avoir été victime d’un phénomène comparable.
Face à la multiplication de ces accusations et au risque de représailles, les autorités judiciaires ont décidé d’intervenir afin d’établir les faits et de prévenir d’éventuels actes de violence.
Les trois affaires ont ainsi été examinées par le tribunal d’Atakpamé. À l’issue des auditions, les plaignants ont reconnu avoir formulé de fausses accusations. Ils ont également admis que les faits dénoncés ne reposaient sur aucune réalité.
« J’avais porté une fausse accusation concernant la disparition de mon sexe. Je présente mes excuses au tribunal et à toutes les personnes concernées. Je reconnais que ce que j’avais déclaré était faux », a reconnu l’un des prévenus.
Un autre a également admis avoir accusé à tort certaines personnes : « Je reconnais que cette accusation concernant nos pénis était fausse. J’ai accusé des personnes, mais ce n’était pas la réalité. »
Au regard des faits et des déclarations recueillies au cours de la procédure, la justice a retenu plusieurs infractions à l’encontre des prévenus, notamment la dénonciation calomnieuse, l’exposition d’autrui à des risques et les violences volontaires.
Au terme de l’audience, le tribunal d’Atakpamé a déclaré les trois jeunes coupables et les a condamnés à 12 mois d’emprisonnement, dont 11 mois avec sursis.
À travers cette décision, la justice entend rappeler les conséquences potentiellement graves des fausses accusations, particulièrement lorsqu’elles alimentent des rumeurs susceptibles de provoquer des mouvements de foule, des agressions ou des actes de justice populaire.
Les autorités judiciaires invitent ainsi les populations à faire preuve de responsabilité face aux rumeurs et à privilégier les voies légales pour signaler et faire établir les faits, plutôt que de recourir à la violence ou à la justice populaire.














