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Avec un ratio de recettes fiscales estimé à seulement 8,05 % du PIB, le Niger dispose d’une importante marge de progression en matière de mobilisation des ressources intérieures. La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) apporte son expertise aux autorités nigériennes pour renforcer les capacités de l’administration fiscale, notamment dans le contrôle des prix de transfert.

La réforme de la mobilisation des ressources intérieures s’accélère au Niger. À travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest, la CEA apporte un appui technique de haut niveau à la Direction générale des impôts (DGI) afin de renforcer les compétences de ses cadres dans le domaine des prix de transfert, un enjeu majeur de la fiscalité internationale.

Lancée le 14 septembre 2026 à Niamey par le gouvernement nigérien, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’accompagnement de la CEA aux réformes engagées par le Niger pour améliorer la mobilisation des ressources nationales.

Cet accompagnement intervient après une évaluation approfondie du système nigérien de mobilisation des ressources intérieures réalisée par la CEA en 2025. Le diagnostic avait notamment identifié la fiscalité internationale, l’analyse des risques fiscaux et les contrôles fiscaux spécialisés comme des domaines prioritaires d’intervention.

Les conclusions de cette évaluation, ainsi que les priorités de réforme qui en découlent, ont été validées en 2026.

Le diagnostic met en évidence l’ampleur du défi. Le ratio recettes fiscales/PIB du Niger est estimé à 8,05 %, soit un niveau nettement inférieur au seuil international de 15 % généralement considéré comme un minimum pour les pays en développement. Il reste également éloigné de l’objectif régional de 20 % fixé au sein de l’UEMOA.

D’autres indicateurs témoignent des difficultés persistantes de l’administration fiscale. Le secteur informel représenterait ainsi 55 à 65 % du PIB, tandis que les dépenses fiscales équivaudraient à environ 49,3 % des recettes fiscales.

À cela s’ajoutent des arriérés fiscaux évalués à 225 milliards de FCFA et un taux de recouvrement de seulement 19,1 % des montants identifiés à la suite des contrôles fiscaux.

Dans ce contexte, le renforcement des compétences en matière de prix de transfert apparaît comme un levier stratégique pour élargir et sécuriser l’assiette fiscale.

Les prix de transfert concernent notamment les transactions réalisées entre entreprises appartenant à un même groupe. Leur contrôle permet aux administrations fiscales de vérifier que les opérations intragroupe sont réalisées à des conditions conformes au principe de pleine concurrence, afin d’éviter que des bénéfices ne soient artificiellement déplacés vers des juridictions où ils seraient moins imposés.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Sama Mamane, Secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, a insisté sur l’importance de cette expertise pour les agents de la DGI.

Le programme doit notamment permettre aux cadres de mieux maîtriser les fondamentaux du principe de pleine concurrence, l’analyse fonctionnelle des entreprises associées ainsi que les différentes méthodes de prix de transfert reconnues au niveau international.

Selon le responsable, l’appropriation de ces outils doit contribuer à rendre les contrôles fiscaux plus efficaces et à sécuriser des recettes actuellement susceptibles d’échapper à l’administration.

Pour Ngone Diop, Directrice du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA, le diagnostic réalisé au Niger révèle à la fois l’importance des difficultés et le potentiel de mobilisation encore disponible.

« Les résultats de cette évaluation mettent en évidence l’ampleur des défis, mais aussi l’importance du potentiel existant », a-t-elle déclaré.

Elle considère le renforcement de l’administration et du contrôle des prix de transfert comme un instrument essentiel pour protéger l’assiette fiscale, limiter les risques de transfert artificiel des bénéfices et améliorer l’équité de la fiscalité appliquée aux activités économiques exercées au Niger.

Au total, plus de 30 cadres de la DGI prennent part à cet appui technique, prévu du 14 au 25 septembre 2026.

Au-delà de la formation, l’enjeu est budgétaire. Pour le Niger, l’amélioration du contrôle fiscal et la réduction des pertes de recettes doivent permettre d’accroître les ressources propres de l’État, de renforcer l’espace budgétaire et de consolider la résilience de l’économie.

L’intervention de la CEA s’inscrit ainsi dans une problématique plus large qui dépasse la seule administration fiscale : transformer le potentiel fiscal du Niger en recettes effectivement mobilisées pour financer les politiques publiques et soutenir le développement économique.

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