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Le Gabon veut mieux convertir les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en investissements, en production locale et en emplois. À Libreville, le gouvernement réunit les 10 et 11 septembre les acteurs publics et privés pour valider une stratégie nationale révisée destinée à renforcer la compétitivité de l’économie gabonaise sur le marché continental.

Le Gabon entend franchir un nouveau cap dans la mise en œuvre de la ZLECAf. Le ministère en charge du Commerce, avec l’appui technique de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), organise à Libreville un atelier national consacré à la validation de la Stratégie nationale révisée de mise en œuvre de l’accord commercial africain.

Près de 60 participants prennent part aux travaux. Administrations publiques, institutions techniques, organisations professionnelles, entreprises privées, universités, centres de recherche, société civile et partenaires techniques et financiers sont réunis autour d’un même objectif : définir les conditions permettant au Gabon de mieux tirer parti du marché continental.

Pour Libreville, l’enjeu dépasse la seule libéralisation des échanges. La ZLECAf doit servir de levier à la diversification économique, au développement des capacités productives, à l’industrialisation et à la création d’emplois.

L’accès à un marché continental de plus d’un milliard de consommateurs représente une opportunité considérable. Mais cette ouverture ne garantit pas automatiquement des gains économiques. Elle suppose des entreprises compétitives, des infrastructures adaptées, un environnement des affaires plus favorable et une capacité accrue à produire localement des biens et services susceptibles de répondre à la demande africaine.

La nouvelle stratégie entend ainsi identifier les secteurs et chaînes de valeur prioritaires dans lesquels le Gabon dispose d’avantages susceptibles d’être transformés en opportunités d’investissement, de production et d’exportation.

« La réactualisation de la Stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf traduit la volonté du Gouvernement gabonais de faire du commerce un levier de diversification économique, de création de valeur ajoutée locale et d’emplois », souligne Zenaba Gninga Chaning, ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes.

Pendant deux jours, les participants examinent les résultats des consultations nationales menées en amont de l’atelier ainsi que les recommandations issues des différents groupes de travail.

Les discussions portent notamment sur les chaînes de valeur prioritaires, les marchés cibles, les réformes destinées à améliorer la compétitivité, les infrastructures commerciales et logistiques, ainsi que les mécanismes institutionnels nécessaires à l’exécution de la stratégie.

Une attention particulière est également accordée au plan d’actions prioritaire, au dispositif de suivi-évaluation et aux projets structurants susceptibles d’accélérer l’intégration du Gabon dans les échanges intra-africains.

L’objectif est de passer d’une stratégie générale à des actions concrètes et finançables, capables de renforcer les capacités de production et d’exportation des entreprises gabonaises.

La CEA considère la révision de cette stratégie comme une étape importante pour rapprocher la politique commerciale des autres politiques économiques du pays.

« La réussite de la ZLECAf dépend de la capacité des pays à articuler les réformes commerciales avec les politiques industrielles, les infrastructures de soutien et les besoins du secteur privé », explique Adama Ekberg Coulibaly, chef de la Section des initiatives sous-régionales au Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale.

Le Gabon dispose, selon lui, de plusieurs atouts, notamment ses ressources naturelles, son potentiel industriel et sa position stratégique en Afrique centrale. Le défi consiste désormais à transformer ces avantages en capacités productives permettant au pays de renforcer sa présence sur les marchés africains.

Cette orientation est particulièrement stratégique dans le cadre de la ZLECAf, qui cherche à favoriser davantage de commerce intra-africain et l’émergence de chaînes de valeur régionales.

Au terme de l’atelier, les parties prenantes doivent notamment valider les orientations de la stratégie révisée, les chaînes de valeur prioritaires et les marchés cibles. Les priorités en matière d’infrastructures commerciales et logistiques, ainsi que les projets structurants et leurs mécanismes de financement, doivent également être précisés.

Le dispositif de gouvernance, de coordination et de suivi-évaluation doit compléter cette architecture.

L’ambition affichée par les autorités gabonaises est donc de disposer d’une feuille de route consensuelle, suffisamment opérationnelle pour guider la mise en œuvre de la stratégie et mobiliser les acteurs publics comme privés.

Pour le Gabon, l’enjeu de la ZLECAf se résume désormais à une équation claire : produire davantage, créer plus de valeur localement et exporter davantage vers l’Afrique. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du pays à traduire les orientations retenues en réformes, investissements et projets effectivement exécutés.

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