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La transition vers la facturation électronique certifiée (FEC) se précise au Togo. Réunis à Lomé dans le cadre de la 11ᵉ édition du Petit-Déjeuner du Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo), une cinquantaine d’opérateurs économiques ont été sensibilisés aux nouvelles exigences fiscales et technologiques qui attendent les entreprises.

Placée sous le thème « La facturation électronique au Togo : anticiper la réforme avec l’OTR », la rencontre a permis au secteur privé d’échanger avec l’administration fiscale sur le fonctionnement du futur dispositif, ses implications pour les entreprises et les difficultés susceptibles d’accompagner son déploiement.

Introduite par la Loi de finances 2026, la FEC constitue une évolution majeure dans la gestion des opérations commerciales et fiscales. La facture ne sera désormais plus considérée comme un simple document commercial remis au client. Elle devra également être générée sous une forme électronique sécurisée, garantissant notamment son authenticité, son intégrité et sa traçabilité.

Avec la réforme, une simple facture au format PDF ne suffira plus. Le document électronique devra intégrer plusieurs éléments permettant d’en assurer la certification et la vérification, notamment un QR code, un numéro unique et une empreinte numérique (« hash »).

Les entreprises devront également assurer la conservation électronique des factures pendant dix ans.

Pour l’administration fiscale, l’objectif est de disposer d’une meilleure visibilité sur les transactions réalisées par les opérateurs économiques. Le dispositif doit notamment contribuer à fiabiliser les données relatives aux opérations commerciales, renforcer le suivi fiscal et sécuriser la collecte de la TVA et des recettes publiques.

La mise en œuvre de la FEC suppose toutefois une adaptation des systèmes et des procédures internes des entreprises.

Deux principales options sont prévues. Les opérateurs pourront utiliser la plateforme nationale ou les solutions mises à disposition par l’administration fiscale. Ils pourront également conserver leur propre logiciel de facturation, à condition de l’interfacer avec la plateforme fiscale et de respecter les exigences techniques et réglementaires fixées.

Dans cette seconde configuration, l’entreprise continuera à saisir et à gérer ses opérations dans son système habituel. Les données requises seront ensuite transmises à la plateforme fiscale pour certification avant l’émission de la facture au client.

Pour l’Office togolais des recettes (OTR), les entreprises ont intérêt à engager dès maintenant leur préparation. L’enjeu consiste notamment à identifier les systèmes de facturation existants, vérifier la qualité des données, évaluer la compatibilité des logiciels et former les équipes appelées à utiliser le nouveau dispositif.

La réforme ne concerne d’ailleurs pas uniquement les services comptables. Les départements commerciaux, financiers, fiscaux et informatiques devront également adapter leurs procédures afin d’assurer une intégration efficace de la facturation électronique dans les opérations quotidiennes.

Cette phase d’anticipation apparaît d’autant plus importante que le passage à la FEC implique une évolution à la fois technologique, organisationnelle et fiscale pour les entreprises.

Du côté du CNP-Togo, la poursuite du dialogue avec l’administration fiscale est jugée nécessaire pour accompagner le secteur privé dans cette transition. Les échanges engagés doivent notamment permettre de faire remonter les préoccupations des entreprises et d’apporter, au fur et à mesure du déploiement, des réponses aux éventuelles difficultés techniques ou opérationnelles.

À terme, la facturation électronique certifiée devrait modifier en profondeur le cycle de vie de la facture au Togo : production, certification, transmission, contrôle et conservation.

Pour les entreprises, le principal enjeu est désormais de ne pas attendre les dernières étapes de la réforme pour s’adapter. La FEC ouvre ainsi un nouveau chapitre de la digitalisation de la fiscalité togolaise, avec à la clé une gestion plus sécurisée des transactions et un renforcement du suivi des obligations fiscales.

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