Pour Estelle Fafa Komlan, directrice générale d’Ecobank Togo, la réussite des partenariats public-privé repose sur un facteur déterminant : la prévisibilité. Elle plaide ainsi pour l’ajout d’un quatrième « P » au traditionnel partenariat public-privé, afin de rassurer les banques et faciliter la mobilisation des capitaux privés.
Intervenant le 3 septembre 2026 à Lomé, lors d’une conférence consacrée aux contrats de partenariat public-privé, la dirigeante a insisté sur les exigences des établissements financiers face aux projets d’infrastructures de long terme.
« En tant que banquier, j’aime bien rajouter un 4è P qui est la prévisibilité », a-t-elle déclaré.
Pour les banques, le principal enjeu consiste à mobiliser les capitaux privés tout en disposant d’une visibilité suffisante sur les flux financiers et les mécanismes de remboursement. Une exigence particulièrement importante pour les PPP, dont les contrats peuvent s’étendre sur 10, 15, 20 ans ou davantage.
« Plus on recule dans le temps, plus les facteurs d’incertitude se multiplient », a souligné Estelle Fafa Komlan.
La directrice générale distingue les PPP marchands des PPP non marchands. Dans le premier cas, le projet doit générer des revenus suffisants pour couvrir ses charges d’exploitation, sa maintenance et le remboursement de la dette. Les routes à péage, centrales électriques ou plateformes logistiques peuvent notamment relever de ce modèle.
Toutefois, la rentabilité potentielle ne suffit pas à rendre un projet automatiquement « bancaire ». Les banques analysent la solidité et la prévisibilité des flux, l’utilisation effective du service, la capacité des usagers à payer et la rentabilité globale du projet.
Pour les PPP non marchands, l’attention se porte davantage sur la capacité de la personne publique à honorer ses engagements. La capacité financière, l’inscription de la dette au budget, la solidité juridique du contrat et la fiabilité du mécanisme de paiement figurent parmi les principaux critères d’évaluation.
Au-delà de la nature du projet, les banques recherchent donc une visibilité suffisante sur les revenus et surtout sur la certitude du remboursement.
Pour Estelle Fafa Komlan, un environnement contractuel et financier plus prévisible permettrait de réduire les risques liés aux engagements de long terme et, surtout, de renforcer la capacité du secteur privé à financer les infrastructures dont le Togo a besoin.
Dans cette équation, la prévisibilité apparaît ainsi comme un facteur déterminant pour transformer les PPP en projets réellement finançables par les banques.













