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Le gouvernement togolais veut renforcer la gouvernance et la régulation du marché des médicaments et autres produits de santé. Réuni lundi en Conseil des ministres sous la conduite du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, l’exécutif a adopté un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de régulation du médicament et autres produits de santé. Une réforme qui intervient dans un contexte de croissance et de diversification du marché pharmaceutique togolais.

Le secteur pharmaceutique togolais connaît une transformation marquée par l’élargissement du marché, la diversification de l’offre et la multiplication des acteurs présents dans les différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement et de distribution. Une dynamique qui crée de nouvelles opportunités économiques, mais qui accroît également les besoins en matière de contrôle et de supervision.

Pour le gouvernement, cette évolution soulève notamment des enjeux liés à la disponibilité, à l’accessibilité, à la qualité, à la sécurité et à la maîtrise des coûts des médicaments et autres produits de santé.

La création de cette agence vise à répondre aux limites du dispositif institutionnel existant. Selon l’exécutif, le système national de régulation reste confronté à des contraintes « institutionnelles, techniques et opérationnelles » qui affectent l’efficacité de plusieurs fonctions essentielles.

Il s’agit notamment du contrôle de la qualité, de l’inspection pharmaceutique, de la surveillance du marché et de la pharmacovigilance.

La mise en place d’une structure autonome doit ainsi permettre de renforcer les capacités de l’État à suivre l’évolution du marché, à contrôler les produits mis à la disposition des consommateurs et à mieux coordonner l’action des différents intervenants de la filière.

Au-delà des questions de gouvernance, la réforme répond également à la progression des risques associés au commerce illicite de produits de santé.

Le gouvernement considère la circulation de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés comme une menace majeure pour la santé publique. Ce phénomène constitue également un enjeu économique pour les opérateurs formels, en introduisant sur le marché des produits échappant aux mécanismes réglementaires et aux contrôles officiels.

Le renforcement de la surveillance devrait donc contribuer à mieux sécuriser la chaîne d’approvisionnement et à instaurer des conditions de concurrence plus équitables entre les différents acteurs du secteur.

La réforme ne se limite pas au contrôle du marché. Le gouvernement entend également utiliser le nouveau dispositif réglementaire pour favoriser le développement de la production pharmaceutique nationale.

Une régulation plus structurée pourrait contribuer à créer un environnement plus prévisible pour les investisseurs et les industriels, tout en renforçant les exigences en matière de qualité et de sécurité. Pour les autorités togolaises, cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les vulnérabilités liées à la dépendance extérieure et à consolider la souveraineté sanitaire du pays.

À terme, la nouvelle agence est appelée à jouer un rôle central dans la régulation, la supervision et la surveillance du secteur. Le gouvernement mise ainsi sur une meilleure gouvernance du marché pharmaceutique pour renforcer la sécurité sanitaire, améliorer l’accès aux produits de santé et accompagner l’émergence d’une industrie pharmaceutique nationale.

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