Le secteur de la microfinance de grande taille dans l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a enregistré un net redressement en 2025. Porté par la croissance des activités et l’amélioration de la qualité des portefeuilles, son résultat net est passé d’une perte de 1,9 milliard de FCFA en 2024 à un bénéfice de 35,6 milliards de FCFA, tandis que le Togo demeure le pays affichant le taux de dégradation du portefeuille le plus élevé.
À fin décembre 2025, l’UMOA comptait 293 IMF de grande taille, soit huit établissements de plus qu’en 2024. Ces structures comprennent 49 sociétés, 18 associations et 226 institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit (IMCEC), réparties dans sept des huit États membres.
Le Sénégal arrive en tête avec 81 IMF, devant le Burkina Faso (50), le Togo (47), la Côte d’Ivoire (43) et le Bénin (42). Le Mali en compte 26 et le Niger seulement quatre.
Les IMCEC restent largement majoritaires, représentant 77,5 % des établissements, contre 16,4 % pour les sociétés et 6,1 % pour les associations.
Cette progression du réseau s’est accompagnée d’une hausse des actifs. Le total de bilan a atteint 4 661,5 milliards de FCFA, en progression de 11,5 % sur un an. Trois pays concentrent 71,9 % de ces actifs : le Sénégal avec 1 234,3 milliards, la Côte d’Ivoire avec 1 226,7 milliards et le Burkina Faso avec 889,4 milliards.
Le Togo, pour sa part, totalise 553,7 milliards de FCFA d’actifs, en hausse de 11,1 %. Le Bénin affiche 425,9 milliards (+12,1 %) et le Mali 316,4 milliards (+6,2 %). Seul le Niger connaît un recul, avec 15 milliards de FCFA, soit une baisse de 10,7 %.
La clientèle a également progressé. Le nombre de comptes ouverts auprès des IMF de grande taille a augmenté de 387 633, soit 2,7 %, pour atteindre 14,66 millions à fin 2025.
Le secteur a parallèlement renforcé ses effectifs. Les IMF employaient 30 102 personnes, soit 5 812 agents supplémentaires en un an (+23,9 %).
L’activité de crédit s’est également consolidée. Les emplois ont progressé de 5,1 %, à 3 033,7 milliards de FCFA, dont 83,5 % constitués de crédits à la clientèle. L’encours de ces crédits s’est établi à 2 532,3 milliards, en hausse de 4,8 %.
Cette évolution est principalement portée par les crédits à moyen terme, en progression de 16,5 % à 950,1 milliards de FCFA, et ceux à long terme (+9,4 % à 394,7 milliards). Les crédits à court terme ont, en revanche, reculé de 3,9 %, à 1 079,2 milliards.
La qualité des crédits s’est globalement améliorée. Les créances en souffrance brutes ont diminué de 7,5 %, à 141,4 milliards de FCFA, tandis que les créances nettes sont revenues à 108 milliards.
Le taux brut de dégradation du portefeuille est passé de 6 % à 5,5 %, et le taux net de 4,8 % à 4,3 %. Le taux de provisionnement s’est également amélioré, atteignant 23,6 %.
Les performances restent toutefois contrastées. Avec 8,8 %, le Togo affiche le taux de dégradation le plus élevé de l’Union, devant le Niger (6,8 %), le Burkina Faso (6,4 %), la Côte d’Ivoire (6,3 %) et le Mali (6,2 %). Le Sénégal présente le meilleur niveau, à 3 %.
Les ressources des IMF ont progressé de 15,7 %, à 3 445,7 milliards de FCFA. Les dépôts et emprunts représentent 71,8 % de ces ressources, malgré une baisse de leur poids relatif. La trésorerie est devenue nettement plus confortable, avec un excédent de 411,9 milliards de FCFA, contre 151,1 milliards un an auparavant.
Cette dynamique a contribué au redressement des résultats. Le produit net financier a atteint 453,5 milliards de FCFA, en hausse de 10,8 %, tandis que le produit global d’exploitation s’est établi à 470,9 milliards (+9,3 %).
Le résultat brut d’exploitation a progressé de 21,1 %, à 85 milliards de FCFA. Après provisions nettes sur risques de crédit, le résultat d’exploitation est redevenu positif à 13,1 milliards, contre une perte de 18,8 milliards en 2024.
Au final, le secteur affiche un bénéfice net de 35,6 milliards de FCFA, contre une perte de 1,9 milliard un an plus tôt. Quelque 204 IMF, soit 70,1 % des déclarants, ont enregistré un résultat positif.
Malgré ce redressement, plusieurs indicateurs demeurent sous les normes réglementaires. La rentabilité des fonds propres est passée de -2,6 % à 2,1 %, loin du minimum de 15 %. Le rendement des actifs atteint 0,3 %, contre une norme de 3 %, tandis que l’autosuffisance opérationnelle s’établit à 81,2 %, pour un seuil de 130 %.
La capitalisation constitue également un point de vigilance. Le ratio de capitalisation est tombé à 9,4 %, contre 13 % en 2024, alors que la norme minimale est de 15 %. Seules 149 IMF, soit 50,9 % des déclarants, respectent cette exigence.
Le secteur de la microfinance de grande taille dans l’UMOA termine donc 2025 sur une note nettement plus favorable. Croissance des actifs, progression des crédits, amélioration du portefeuille et retour aux bénéfices témoignent d’un redressement significatif. La consolidation de cette performance dépendra toutefois de la capacité des IMF à renforcer durablement leur capitalisation, leur rentabilité et leur efficacité opérationnelle.













