La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) conserve sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux. L’agence Moody’s Ratings a confirmé la note d’investissement Baa1 attribuée à l’institution régionale, tout en maintenant une perspective stable.
Cette évaluation intervient alors que la banque basée à Lomé entame la mise en œuvre de son nouveau plan stratégique quinquennal, baptisé « Djoliba, la suite ». Doté d’une enveloppe de 6 500 milliards de FCFA et couvrant la période jusqu’en 2030, ce programme doit soutenir l’accélération des financements en faveur du développement économique et des infrastructures dans l’espace ouest-africain.
La décision de Moody’s repose notamment sur le renforcement de la structure financière de la BOAD. Selon l’agence, les fonds propres mobilisables de la banque ont progressé de 73 % au cours des quatre dernières années.
Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation de capital approuvée en 2022. Plusieurs États membres ont notamment financé leurs contributions grâce à des prêts concessionnels accordés par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.
La BOAD a également recours à des instruments financiers destinés à renforcer ses ratios de solvabilité. L’émission d’obligations hybrides et la conclusion de mécanismes de transfert de risques avec des assureurs internationaux ont notamment permis de couvrir près d’un quart du portefeuille de prêts.
Le ratio de solvabilité de la banque atteint désormais 23,8 %, confirmant la solidité de sa structure financière.
La qualité des actifs constitue un autre point positif relevé dans l’évaluation de Moody’s. Le taux de créances en souffrance a été ramené à 2,1 % des encours globaux à fin 2025.
L’agence appelle toutefois à la vigilance en raison de la concentration géographique du portefeuille de la banque. Environ trois quarts des engagements de la BOAD sont concentrés dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Parmi ces États, le Sénégal, le Mali et le Niger figurent actuellement dans la catégorie très spéculative de la notation de Moody’s. L’agence estime néanmoins que les États continueront de donner la priorité au remboursement de leurs engagements envers la banque régionale en cas de restructuration de dettes souveraines.
La liquidité constitue également un facteur de solidité pour la BOAD. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui détient 36 % du capital de l’institution, lui garantit statutairement un accès à son guichet de refinancement en cas de besoin.
La banque dispose par ailleurs d’une trésorerie couvrant plus de 97 % des décaissements prévus au cours des dix-huit prochains mois. Cette position financière lui offre une marge de manœuvre importante pour poursuivre l’augmentation de ses financements, notamment dans les secteurs industriels et les infrastructures.
La solidité financière de la BOAD fait toutefois l’objet d’appréciations différentes selon les agences de notation. Fitch Ratings attribue à l’institution une note BBB, tandis que l’agence japonaise JCR lui accorde une note plus favorable de A.
La confirmation de la note Baa1 par Moody’s intervient ainsi dans un contexte stratégique pour la banque. À l’approche de 2030, la BOAD devra mobiliser des ressources importantes pour financer son nouveau plan stratégique tout en maintenant ses équilibres financiers.
La stabilité de sa notation constitue, à cet égard, un atout pour continuer à accéder aux marchés de capitaux et attirer les investisseurs nécessaires au financement de ses ambitions régionales.














