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Au Togo, la maîtrise de l’eau s’impose progressivement comme l’un des principaux leviers de transformation de l’agriculture. Longtemps dépendants du rythme des pluies, les producteurs doivent désormais composer avec des précipitations de plus en plus irrégulières et des épisodes de sécheresse qui fragilisent les rendements et les revenus ruraux.

Face à ces défis, le gouvernement a engagé une stratégie visant à renforcer les infrastructures hydrauliques et à réduire la vulnérabilité de la production agricole aux aléas climatiques. Dans le cadre de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, les investissements ont notamment porté sur les forages, l’irrigation, le stockage de l’eau et le pompage solaire.

Plus de 524 ouvrages ont ainsi été mis en service dans plusieurs zones rurales. Ces infrastructures améliorent l’accès à l’eau pour les populations et contribuent à sécuriser les activités agricoles.

Les producteurs figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces investissements. À l’image de Mahero Tchondo, maraîcher, qui souligne l’impact du système d’irrigation sur ses activités : « Avant, on travaillait à la main. On avait les tuyaux et avec les tuyaux, on arrosait. Mais la quantité et la superficie n’étaient pas grandes. On nous a amené le système d’irrigation. Maintenant, nous sommes bien avec le système d’irrigation. On peut arroser en un rien de temps de grandes surfaces. Actuellement, nous sommes libres. Que ce soit en période de sécheresse ou en saison des pluies, nous sommes libres. On travaille en plein temps. »

L’irrigation permet ainsi de réduire la dépendance aux précipitations et d’accroître la régularité de la production.

En parallèle, plus de 1 200 hectares ont été aménagés et équipés pour l’irrigation. Ces périmètres permettent aux exploitants de produire au-delà des seules périodes pluvieuses et, dans certains cas, d’enchaîner plusieurs campagnes agricoles au cours d’une même année.

L’introduction de plus de 3 000 kits d’irrigation alimentés par pompage solaire constitue également un changement important pour les exploitations. En réduisant la dépendance aux sources d’énergie conventionnelles, ces équipements contribuent à limiter les coûts d’exploitation tout en favorisant une agriculture plus durable.

Pour certains producteurs, la maîtrise de l’eau modifie directement le modèle économique de l’exploitation. La possibilité de réaliser deux, voire trois campagnes agricoles par an permet d’accroître les volumes produits et d’améliorer les revenus.

Au-delà de l’augmentation des rendements, les investissements hydrauliques répondent à un enjeu stratégique : l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. L’irrégularité des pluies, les périodes de sécheresse et les événements météorologiques extrêmes imposent en effet une transformation des systèmes de production.

Dans cette perspective, le gouvernement prévoit la réhabilitation de 47 retenues collinaires afin d’accroître les capacités de stockage de l’eau dans plusieurs zones agricoles. Une étude a également été réalisée en vue de moderniser cinq centres de production rizicole irriguée.

La maîtrise de l’eau s’accompagne par ailleurs d’un recours accru aux outils numériques. Les plateformes agro-météorologiques permettent désormais aux producteurs d’accéder à des prévisions, des alertes et des conseils techniques afin de mieux planifier leurs activités.

« Depuis que nous recevons les informations météorologiques, nous savons maintenant quand il faut semer. Nous savons également des semaines à l’avance s’il va pleuvoir ou pas. Cela améliore nos rendements », témoigne Véronique Agbakla, productrice dans la ZAAP de Gadjagan.

La combinaison entre infrastructures hydrauliques et information climatique contribue ainsi à rendre les activités agricoles plus prévisibles et moins exposées aux aléas naturels.

L’accès sécurisé à l’eau favorise également la diversification des productions. Les cultures maraîchères, les productions de contre-saison et les spéculations à plus forte valeur ajoutée deviennent progressivement accessibles à un plus grand nombre d’exploitants.

Cette stratégie s’inscrit dans une transformation plus large du secteur agricole, qui englobe également la mécanisation, l’amélioration des semences, la recherche agronomique, la transformation agroalimentaire et le financement des producteurs.

En investissant dans la maîtrise de l’eau, le Togo cherche donc à renforcer à la fois la productivité de son agriculture, la résilience des exploitations et sa souveraineté alimentaire. Forages, périmètres irrigués, retenues collinaires et systèmes de pompage solaire constituent désormais des infrastructures stratégiques pour préparer les campagnes agricoles aux défis climatiques et économiques des prochaines décennies.

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