Le Togo figure parmi les cinq premiers pays africains dans lesquels l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA) prévoit de conduire des travaux de recherche, en prélude à ses premières notations souveraines attendues d’ici à fin mars 2027. Cette annonce, faite le 3 novembre 2026 par son directeur général par intérim, Sifiso Falala, à Reuters, ne signifie toutefois pas qu’un contrat de notation a déjà été conclu avec les autorités togolaises.
Outre le Togo, les équipes de cette nouvelle agence panafricaine devraient intervenir au Kenya, aux Seychelles, au Burundi et à Maurice. Selon Sifiso Falala, AfCRA mène actuellement des discussions commerciales avec 15 États africains. L’agence ambitionne de publier ses premières évaluations souveraines avant la fin du premier trimestre 2027.
Lancée le 7 octobre 2026 à Maurice, avec le soutien de l’Union africaine, AfCRA entend proposer une approche différente de l’évaluation du risque de crédit des États africains. Son modèle prévoit de mieux prendre en compte les données économiques locales et les historiques de remboursement des gouvernements, avec l’objectif de réduire la dépendance du continent aux analyses des grandes institutions internationales de notation financière.
Pour le Togo, l’intérêt d’une éventuelle notation par AfCRA se mesure à l’aune des évaluations déjà réalisées par les agences internationales. Le 16 octobre 2026, S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du pays à « B+ », tout en relevant sa perspective de stable à positive. En septembre, Moody’s avait confirmé sa note « B3 », assortie également d’une perspective positive.
Une notation d’AfCRA viendrait ainsi enrichir le dispositif d’évaluation du risque souverain togolais. Ces appréciations constituent des références pour les investisseurs et les créanciers dans l’analyse de la capacité d’un État à honorer ses engagements financiers, notamment lorsqu’il sollicite des emprunts sur les marchés.
Sur le plan financier, AfCRA, actuellement détenue par la société sud-africaine Plus 94 Research, prévoit de mobiliser 15 millions de dollars pour soutenir son développement. Cette opération devrait permettre à de nouveaux investisseurs africains d’acquérir les deux tiers de son capital.
L’agence devra désormais concrétiser ses ambitions opérationnelles, notamment en publiant ses premières notations et en établissant sa crédibilité auprès des États, des investisseurs et des marchés financiers. Pour le Togo, l’annonce d’une intervention prochaine constitue une perspective, mais la conclusion d’un éventuel accord de notation reste à confirmer.















