Les États-Unis durcissent les conditions d’accès à leur marché préférentiel pour les pays africains. Le président Donald Trump a officiellement notifié au Congrès son intention de retirer l’Afrique du Sud et le Rwanda du dispositif AGOA à compter du 1er janvier 2027. Une perspective qui fait peser des risques commerciaux importants, particulièrement sur Pretoria, premier bénéficiaire africain du programme.
L’administration américaine envisage de retirer l’Afrique du Sud et le Rwanda de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), la loi américaine sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique. Cette décision, annoncée par le président Donald Trump dans une notification officielle au Congrès, devrait prendre effet le 1er janvier 2027, sous réserve de la procédure applicable.
Cette initiative intervient à l’issue de l’examen annuel des critères d’éligibilité au programme. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a justifié cette orientation par des pratiques jugées incompatibles avec les exigences de l’AGOA. Les griefs évoqués concernent notamment les obstacles au commerce américain, les menaces présumées aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis et des préoccupations liées à la gouvernance.
S’agissant de l’Afrique du Sud, Washington met notamment en cause certaines pratiques commerciales et des questions de corruption. Pour le Rwanda, les critiques portent sur le respect des droits humains et du pluralisme politique.
L’Afrique du Sud apparaît comme le pays le plus exposé aux conséquences économiques d’une éventuelle exclusion. Premier bénéficiaire de l’AGOA, le pays a réalisé en 2025 quelque 1,7 milliard de dollars d’exportations vers les États-Unis dans le cadre des préférences commerciales accordées par ce dispositif. Les secteurs automobile, agricole et chimique figurent parmi les principales filières concernées.
Le retrait de ces avantages pourrait fragiliser la compétitivité des produits sud-africains sur le marché américain, en les privant notamment de conditions d’accès préférentielles. Les entreprises exportatrices pourraient ainsi faire face à une hausse des coûts d’accès au marché et à une pression accrue sur leurs marges.
L’exposition du Rwanda est plus limitée. Les échanges concernés représentent environ 44 millions de dollars d’importations américaines en 2025, selon les données avancées.
Cette annonce intervient dans un contexte de dégradation des relations diplomatiques et économiques entre Washington et Pretoria, notamment en raison de divergences sur les orientations de politique étrangère de l’Afrique du Sud.
Malgré ces tensions, le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, a réaffirmé la volonté de son gouvernement de préserver la coopération économique avec les États-Unis et de poursuivre les discussions avec l’administration américaine.
Au-delà des deux pays concernés, cette perspective relance les interrogations sur l’avenir des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique. L’AGOA constitue en effet un instrument important d’accès préférentiel au marché américain pour les économies africaines éligibles. Toute modification de ses conditions d’application pourrait avoir des répercussions sur les stratégies d’exportation, les investissements industriels et l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes de valeur internationales.















