Plus de 40 pays seront représentés au Forum sur la conformité 2026 d’Afreximbank, prévu du 16 au 18 novembre à Gaborone, au Botswana. Au cœur des discussions : l’harmonisation des pratiques réglementaires, l’accès aux services bancaires correspondants et le recours aux technologies pour lever les obstacles au commerce transfrontalier.
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) mobilise les acteurs de l’écosystème financier africain autour des enjeux de conformité et d’intégration commerciale. L’institution a annoncé, le 3 novembre 2026, la liste des intervenants de son Forum sur la conformité 2026 (ACF2026), présenté comme le plus grand rendez-vous continental consacré à cette thématique.
Organisé en partenariat avec le Botswana Investment and Trade Centre (BITC), le Forum se déroulera du 16 au 18 novembre 2026 au Centre international de conférences de Gaborone. Il réunira des banquiers, des responsables de la conformité, des régulateurs, des dirigeants de fintechs et des spécialistes des technologies financières issus de plus de 40 pays.
Les échanges porteront notamment sur la fragmentation des cadres réglementaires africains, les difficultés d’accès aux services de correspondance bancaire et les solutions technologiques susceptibles de renforcer la conformité tout en facilitant les transactions transfrontalières.
L’interopérabilité réglementaire au cœur des débatsPlacée sous le thème « Better Compliance – Better Trade: Leveraging Compliance to Promote African Regulations that Advance Intra-African Economic and Trade Integration », cette édition entend promouvoir des approches réglementaires plus cohérentes et efficaces, sans remettre en cause la souveraineté des États.
Pour Idrissa Diop, Directeur de la conformité d’Afreximbank, l’enjeu n’est pas d’imposer une uniformité réglementaire aux institutions financières africaines, mais de favoriser leur interopérabilité.
Il souligne que les banques du continent évoluent dans des environnements juridiques, prudentiels et numériques très différents. Cette diversité peut compliquer les opérations financières et multiplier les obstacles aux échanges commerciaux.
L’objectif est donc de renforcer la coopération entre les autorités de régulation et les institutions financières afin de réduire les frictions, tout en respectant les spécificités réglementaires nationales.Cette orientation rejoint les préoccupations du Botswana Investment and Trade Centre. Son Directeur général, Keletsositse Olebile, estime que des systèmes de conformité solides et prévisibles constituent un facteur essentiel de confiance pour les investisseurs, de protection des institutions et de développement des activités commerciales.
Parmi les principaux sujets inscrits à l’agenda figure l’accès aux services bancaires correspondants, indispensables au règlement des transactions internationales et au financement des échanges.
Les difficultés rencontrées par plusieurs banques africaines dans leurs relations avec les établissements correspondants internationaux constituent un frein potentiel à la fluidité des paiements transfrontaliers.
Luis Koberg, fondateur et Directeur général de Klearium Group, met notamment en avant le manque de visibilité sur l’ensemble de la chaîne de paiement. Selon lui, une meilleure transparence permettrait aux institutions financières d’évaluer et de gérer les risques avec davantage de précision, sur une base individualisée.
Les discussions examineront ainsi les mécanismes susceptibles de faciliter les relations entre banques africaines et partenaires internationaux, dans un environnement marqué par le renforcement des exigences de conformité et de gestion des risques.
Les fintechs et l’intelligence artificielle comme leviersLe Forum accordera également une place importante aux innovations technologiques dans les dispositifs de conformité. Les participants analyseront notamment la contribution des fintechs et des procédures d’identification des clients fondées sur une approche par les risques à l’élargissement de l’accès aux services financiers.
Sophie Barre, Responsable mondiale des risques et de la conformité du groupe Wave Mobile Money, souligne que les technologies de pointe et les mécanismes intelligents d’intégration des clients peuvent favoriser des services financiers plus accessibles, abordables et fiables, tout en respectant les exigences réglementaires.
Une exposition dédiée aux solutions de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme reposant sur l’intelligence artificielle permettra également de présenter les innovations en matière de détection des risques, de surveillance des transactions et de signalement des opérations suspectes.
Au-delà de ces innovations, les travaux aborderont plusieurs enjeux majeurs : les sanctions internationales, la cybersécurité, la protection des consommateurs, la lutte contre le financement du terrorisme et la gestion des risques liés aux tiers.
Une mobilisation institutionnelle et financière internationaleLa liste des intervenants comprend notamment Lesego Caster Moseki, Gouverneur de la Banque du Botswana ; le Dr Patrick Ndzana Olomo, Directeur par intérim du Département du développement économique, de l’intégration et du commerce de la Commission de l’Union africaine ; Luis Koberg, fondateur et Directeur général de Klearium Group ; Shane Ridel, Directeur général d’Elucidate ; Sophie Barre, de Wave Mobile Money ; Mooketsi Ramanteba, de la NBFIRA ; Nellie Nuyoni, de CBZ Holdings ; Moira Mapundu, de NMB Bank Limited ; et Boitumelo William, de Continental Reinsurance.
Des spécialistes de la conformité de Dow Jones et de Standard Chartered prendront également part aux échanges.
Dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, l’automatisation des opérations financières, les menaces cybernétiques et la multiplication des exigences réglementaires, l’ACF2026 ambitionne de faire émerger des solutions opérationnelles adaptées aux réalités du continent.
Pour Afreximbank, l’enjeu dépasse ainsi la seule maîtrise des risques financiers. Il s’agit de faire de la conformité un instrument de facilitation des échanges, de circulation des capitaux et d’intégration économique. Une meilleure coordination des dispositifs réglementaires pourrait contribuer à réduire les obstacles qui entravent encore le commerce intra-africain et les relations commerciales de l’Afrique avec le reste du monde.















