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Longtemps considéré comme une profession essentiellement féminine, le métier de sage-femme attire de plus en plus d’hommes au Lesotho. Ils seraient aujourd’hui près de 300 à exercer la maïeutique dans ce petit royaume d’Afrique australe, contribuant à renforcer l’offre de soins maternels dans les zones rurales, confrontées à un déficit de personnel médical.

Au centre de santé de Mpharane, Ntlhane Sehloho exerce comme sage-femme depuis une vingtaine d’années. Son choix professionnel trouve son origine dans son enfance, lorsqu’il était confronté aux difficultés des femmes enceintes de son village, éloigné des structures sanitaires.

« Quand j’étais enfant, notre village était très éloigné du centre de santé. La plupart des femmes enceintes accouchaient à domicile et certaines mouraient », témoigne-t-il. Cette expérience l’a progressivement convaincu de s’orienter vers les métiers de la santé afin de rapprocher les soins des populations.

La progression des sages-femmes masculins intervient dans un contexte où la mortalité maternelle demeure élevée au Lesotho, renforçant la nécessité d’améliorer l’accès à des soins de maternité qualifiés.

Dans les zones rurales, l’insuffisance des effectifs sanitaires et les longues distances à parcourir constituent encore des obstacles importants à la prise en charge des femmes enceintes. L’arrivée de nouveaux professionnels, indépendamment de leur sexe, contribue ainsi à élargir les capacités du système de santé.

Selon les données de l’UNICEF citées dans le reportage, 92 % des accouchements au Lesotho sont désormais assistés par un professionnel de santé qualifié. Une progression qui traduit les efforts engagés pour rapprocher les services de santé des communautés rurales.

L’intégration progressive des hommes dans la profession contribue également à faire évoluer les représentations sociales autour de la maïeutique.

Pour Blandina Motaung, coordinatrice des droits et de la santé sexuelle et reproductive à l’UNFPA, l’accompagnement des femmes enceintes ne se limite pas aux actes médicaux. Il comporte également une importante dimension psychosociale, notamment pendant la grossesse et au moment de l’accouchement.

Certaines patientes se déclarent d’ailleurs satisfaites de la prise en charge assurée par des hommes. Bonolo Tebello, une femme enceinte, estime que les sages-femmes masculins offrent un niveau de soins comparable à celui de leurs homologues féminines et permettent aux patientes de s’exprimer librement sur leurs difficultés.

Cette évolution reste toutefois marginale à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les hommes représentent moins de 1 % des sages-femmes dans le monde.

Au-delà de la question du genre, l’expérience du Lesotho met en évidence un enjeu plus large : la disponibilité des ressources humaines qualifiées constitue un déterminant essentiel de la performance des systèmes de santé.

Pour les pays confrontés à une pénurie de personnel dans les zones rurales, l’élargissement du recrutement et de la formation aux métiers de la santé peut contribuer à améliorer la couverture sanitaire, à réduire les inégalités territoriales et, à terme, à diminuer les décès évitables liés à la grossesse et à l’accouchement.

L’OMS et l’UNICEF encouragent ainsi davantage de personnes, hommes comme femmes, à s’engager dans la profession de sage-femme afin de répondre au déficit mondial de personnel spécialisé dans les soins liés à la maternité.

Au Lesotho, la montée en puissance des sages-femmes masculins apparaît donc comme un phénomène à la fois social, sanitaire et économique. En renforçant les effectifs disponibles dans les zones insuffisamment desservies, ces professionnels participent à l’amélioration de l’accès aux soins et à la construction d’un système de santé plus inclusif et plus résilient.

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