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Le Japon poursuit son accompagnement du Togo dans le renforcement de la sécurité alimentaire et de la production agricole. Les deux pays ont signé, mardi 8 septembre 2026 à Lomé, une convention relative au projet d’aide alimentaire KR 2026, d’un montant de 200 millions de yens, soit environ 800 millions de FCFA. La cérémonie a également été marquée par la réception symbolique d’un don de riz acquis dans le cadre du KR 2024.

À travers cette nouvelle convention, le Japon prévoit de financer l’acquisition de riz destiné prioritairement aux populations les plus vulnérables. La commercialisation de cette denrée à prix subventionné doit contribuer à améliorer l’accès des ménages aux produits alimentaires et à réduire les tensions liées à l’approvisionnement.

Pour l’ambassadeur du Japon au Togo, GOMAKUBO Junji, cet appui s’inscrit dans une coopération de longue date qui ne se limite pas à l’aide alimentaire. Tokyo intervient également dans la fourniture d’engrais, d’équipements agricoles et dans le renforcement des capacités de production. Une approche qui, selon le diplomate, participe à la stabilité économique et sociale du pays.

La rencontre a également permis au gouvernement togolais de réceptionner symboliquement le don de riz financé dans le cadre du KR 2024. Réceptionné en décembre dernier, cet appui porte sur 1 628 tonnes de riz, pour une valeur de 250 millions de yens, soit environ 1 milliard de FCFA.

Le dispositif devrait se poursuivre avec le KR 2025. Une cargaison de 1 570 tonnes de riz blanc, évaluée à 200 millions de yens, soit environ 800 millions de FCFA, est attendue au port autonome de Lomé en décembre prochain.

Pour le ministre de l’Agriculture, Antoine Lekpa GBEGBENI, l’enjeu dépasse l’augmentation ponctuelle de l’offre de riz sur le marché. Ces interventions contribuent à renforcer la disponibilité des produits alimentaires et peuvent participer à la maîtrise des prix, dans un contexte où la volatilité des marchés agricoles demeure un facteur de vulnérabilité pour les ménages.

L’un des principaux intérêts du dispositif japonais réside toutefois dans le mécanisme des fonds de contrepartie. Les recettes issues de la commercialisation du riz peuvent être réinvesties dans des projets de développement socio-économique.

Ce mécanisme permet ainsi de donner une dimension économique plus durable à l’aide alimentaire. Au lieu de constituer uniquement une réponse aux besoins immédiats des populations, les ressources générées peuvent contribuer au financement d’investissements destinés à renforcer les capacités productives du secteur agricole.

Le gouvernement togolais entend notamment orienter ces ressources vers les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP), l’aménagement des terres agricoles et la réalisation d’infrastructures facilitant la production et l’écoulement des produits.

La coopération japonaise s’est déjà traduite par plusieurs investissements dans la modernisation de l’agriculture togolaise.

En août 2023, le Togo avait obtenu un accord permettant de mobiliser 2,145 milliards de FCFA pour l’acquisition de 130 tracteurs et leurs accessoires, notamment destinés aux travaux de labour mécanisé dans les ZAAP.

En août 2024, un accord avec le Japan International Cooperation System (JICS) a permis la mise à disposition de deux bulldozers, deux excavateurs, deux camions-bennes et neuf tracteurs, pour une valeur estimée à 1,2 milliard de FCFA.

La même année, le Japon avait également mobilisé une enveloppe de 550 millions de yens, soit environ 2,244 milliards de FCFA, pour l’acquisition d’environ 5 000 tonnes d’engrais. Ces intrants ont notamment contribué au renforcement de la productivité agricole, avec une attention particulière portée à la filière rizicole.

Pour Tokyo, ces différents appuis accompagnent la stratégie du Togo visant à accroître durablement ses capacités nationales de production. L’ambassadeur GOMAKUBO Junji a notamment salué les efforts engagés par le pays à travers les ZAAP, l’aménagement des terres et le regroupement des producteurs.

L’enjeu est double : répondre aux besoins alimentaires immédiats tout en réduisant progressivement la dépendance à l’égard des approvisionnements extérieurs. Le renforcement de la production locale apparaît ainsi comme un élément central de la stratégie de résilience face aux tensions qui peuvent affecter les marchés agricoles et alimentaires.

Le ministre Antoine Lekpa GBEGBENI a, pour sa part, réaffirmé que les ressources issues de la commercialisation du riz seraient orientées vers des investissements structurants, notamment dans les ZAAP et l’aménagement des pistes rurales.

Avec le KR 2026, le partenariat entre le Togo et le Japon prend donc une dimension qui dépasse la seule assistance alimentaire. Le dispositif associe soutien au pouvoir d’achat, amélioration de l’offre alimentaire et financement indirect de l’investissement agricole.

Cette logique confère à l’aide alimentaire japonaise un effet multiplicateur : répondre aux besoins des populations à court terme tout en réinjectant une partie des ressources dans les infrastructures et équipements nécessaires à l’augmentation de la production. Une approche qui fait de la coopération Togo–Japon un levier complémentaire de la politique nationale de sécurité alimentaire et de transformation du secteur agricole.

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