Figure historique du catholicisme hongkongais et défenseur des libertés, le cardinal Joseph Zen a perdu son appel dans l’affaire du fonds d’aide aux manifestants de 2019.
À 94 ans, le Cardinal Joseph Zen se retrouve une nouvelle fois face à la justice de Hong Kong. La Cour d’appel vient de confirmer sa condamnation. Derrière une procédure officiellement liée à l’enregistrement d’un fonds d’aide se dessine pourtant une bataille bien plus profonde : celle d’un homme d’Église qui, depuis des décennies, refuse de voir la foi catholique placée sous la tutelle du pouvoir chinois.
Joseph Zen n’est pas devenu une figure de résistance avec les manifestations de 2019. Son engagement est le fruit de toute une vie consacrée à l’Église et aux catholiques chinois.
Prêtre salésien, enseignant, formateur de séminaristes, évêque de Hong Kong de 2002 à 2009, puis Cardinal créé par Benoît XVI en 2006, il s’est progressivement imposé comme l’une des voix les plus critiques envers le régime de Pékin.
Le 3 septembre 2026, la Cour d’appel de Hong Kong a rejeté son recours ainsi que celui de quatre autres administrateurs du 612 Humanitarian Relief Fund, confirmant leur condamnation prononcée en 2022.
Créé pendant les grandes manifestations de 2019, ce fonds avait notamment pour objectif de venir en aide aux personnes arrêtées, en particulier en contribuant à leurs frais juridiques et médicaux. Il a cessé ses activités en octobre 2021.
Joseph Zen et les quatre autres administrateurs ont été reconnus coupables de ne pas avoir enregistré le fonds comme une « société » conformément à la législation hongkongaise. Chacun avait été condamné à une amende de 4 000 dollars de Hong Kong.
En apparence, l’affaire relève donc d’une question administrative. Mais le contexte politique et le parcours du cardinal lui donnent une tout autre dimension.
Pour comprendre la détermination de Joseph Zen, il faut revenir aux origines de son engagement.
Né à Shanghai en 1932, il entre chez les Salésiens et est ordonné prêtre en 1961. Il consacre ensuite une grande partie de son ministère à l’enseignement et à la formation de séminaristes chinois.
Cette expérience marque profondément sa vision de l’Église. Il connaît les difficultés rencontrées par les catholiques chinois lorsque le pouvoir politique entend contrôler la vie religieuse. Il connaît également ceux qui ont choisi de rester fidèles à Rome malgré les pressions exercées par les autorités.
Son combat pour la liberté de l’Église n’est donc pas une posture politique récente. Il s’inscrit dans plusieurs décennies de ministère auprès des catholiques chinois.
Lorsqu’il devient évêque de Hong Kong en 2002, Joseph Zen acquiert une nouvelle visibilité. Il utilise cette responsabilité pour défendre les libertés religieuses et civiles et pour rappeler la situation des catholiques de Chine continentale.
En 2006, Benoît XVI le crée Cardinal. Mais cette reconnaissance ne l’amène pas à modérer ses positions. Au contraire, Joseph Zen continue de parler ouvertement lorsque, selon lui, l’avenir de l’Église en Chine est en jeu.
Une opposition fondée sur la liberté de l’Église
Joseph Zen s’est particulièrement opposé à certaines orientations du dialogue entre le Saint-Siège et Pékin. L’accord conclu entre le Vatican et la Chine sur la nomination des évêques, à partir de 2018, suscite chez lui de profondes inquiétudes.
Prions pour le Cardinal Joseph Zen et pour l’Église en Chine.
Face à cette nouvelle épreuve, l’Église universelle ne peut rester indifférente. Le cardinal Joseph Zen porte depuis des décennies le poids d’un combat qui dépasse sa propre personne : celui de la fidélité au Christ, de la liberté de l’Église et de la dignité des fidèles qui, en Chine, cherchent à vivre leur foi malgré les pressions et les restrictions.
À l’heure où il poursuit son recours devant la plus haute juridiction de Hong Kong, confions le cardinal Zen à la prière de tous les catholiques. Prions pour que le Seigneur lui donne la force, la paix et le courage nécessaires pour poursuivre son témoignage. Prions également pour les évêques, les prêtres, les religieux et les fidèles de Chine et du monde, particulièrement pour ceux qui souffrent ou qui doivent vivre leur foi dans l’épreuve.













