L’interpellation de Gaël Mocaer et Sébastien Perez Pezzani dans le nord du Togo relance le débat sur les conditions d’entrée et d’exercice professionnel des ressortissants étrangers se présentant comme journalistes. Présentés comme des professionnels de France Télévisions venus réaliser une émission, les deux ressortissants français font l’objet d’interrogations sur leur statut d’entrée sur le territoire et les formalités administratives liées à leur activité.
Selon les éléments évoqués autour de cette affaire, les deux hommes seraient entrés au Togo avec un visa touristique, alors qu’ils auraient entrepris une activité à caractère journalistique dans le nord du pays. Cette situation soulève des questions sur les démarches qui auraient dû être accomplies avant la réalisation d’un reportage professionnel.
Pour un journaliste étranger souhaitant exercer au Togo, l’obtention des autorisations et accréditations requises constitue en effet un préalable important. Dès lors, plusieurs interrogations se posent : dans quel cadre les deux hommes sont-ils entrés au Togo ? Quelle était la nature exacte de leur mission ? Les autorités compétentes avaient-elles été informées de leurs activités ?
Ce sont désormais les investigations en cours qui devront permettre d’établir les faits et de déterminer les éventuels manquements.
L’interpellation des deux ressortissants français dans le nord du pays met également en évidence la vigilance des forces de défense et de sécurité dans une zone particulièrement sensible du territoire.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, la surveillance des déplacements et des activités de personnes étrangères constitue un enjeu important pour les autorités. La détection d’activités jugées inhabituelles permet aux services compétents de procéder aux vérifications nécessaires.
Cette vigilance ne saurait toutefois préjuger de la responsabilité des personnes interpellées.
Depuis l’annonce de l’interpellation, certaines interprétations ont déjà présenté les deux Français comme des espions, tandis que d’autres les considèrent comme de simples journalistes exerçant leur profession.
Entre ces deux lectures, la prudence reste de mise. Une interpellation ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une infraction. Les accusations doivent être distinguées des faits établis, et seule une enquête menée conformément aux règles de droit permettra de déterminer les responsabilités éventuelles.
Si les intéressés établissent qu’ils exerçaient une activité journalistique régulière et disposaient des autorisations nécessaires, les procédures pourront naturellement en tenir compte. À l’inverse, si des violations des règles relatives à l’entrée sur le territoire, à l’exercice professionnel ou à l’utilisation de documents sont établies, les responsabilités devront être déterminées conformément à la législation togolaise.
Cette affaire intervient alors que le Togo a déjà connu des situations impliquant des ressortissants français se présentant comme journalistes. Le cas de Thomas Dietrich, interpellé en 2024 avant d’être reconduit en France, avait notamment suscité des réactions.
Sans établir de lien automatique entre ces différentes affaires, ces précédents rappellent l’importance, pour tout professionnel étranger souhaitant travailler au Togo, de respecter les procédures d’entrée, d’accréditation et d’exercice de son activité.
L’enjeu, dans le dossier Mocaer-Perez Pezzani, est désormais de laisser les autorités compétentes établir les faits avec précision. La sécurité nationale impose la vigilance, tandis que l’État de droit exige que toute accusation soit étayée par des éléments vérifiables.














