En mission en Angola, le Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, entend accélérer le rapprochement entre production industrielle, investissement et commerce intra-africain. Avec ses projets industriels dans l’agriculture, les engrais et l’automobile, l’Angola veut se positionner comme l’un des pôles de production capables d’alimenter le marché continental.
La ZLECAf veut franchir une nouvelle étape dans la concrétisation du marché unique africain. Au terme d’une mission de haut niveau en Angola, le Secrétariat de l’organisation a annoncé son intention de mobiliser davantage les entreprises, les investisseurs et les institutions africaines de financement du développement afin de transformer la capacité industrielle du continent en échanges commerciaux à l’échelle africaine.
Conduite par le Secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, à l’invitation du gouvernement angolais, la mission s’est achevée par des échanges avec le ministre angolais de l’Industrie et du Commerce, Rui Miguêns de Oliveira. Les discussions ont notamment porté sur le renforcement de la participation du secteur privé, l’amélioration de l’accès au financement du commerce et la mise en place d’une vaste initiative de mobilisation des entreprises.
L’objectif est de rapprocher les acteurs économiques africains des institutions continentales de financement du développement afin de faciliter l’investissement et le commerce transfrontaliers.
De la Foire internationale de Luanda (FILDA 2026) aux installations industrielles visitées par la délégation, le message porté par le Secrétariat de la ZLECAf est le même : l’industrialisation de l’Afrique doit s’accompagner d’une circulation plus fluide des produits à l’intérieur du continent.
À Soyo, Wamkele Mene a notamment visité le complexe AMUFERT, une unité de production d’engrais à base de gaz naturel développée par le Groupe OPAIA. D’un investissement annoncé de 2 milliards de dollars, le projet devrait disposer d’une capacité de production d’environ 1,38 million de tonnes d’urée granulée par an.
Cette production doit permettre de couvrir une partie des besoins de l’Angola en engrais, mais également d’approvisionner d’autres marchés africains. Le projet devrait par ailleurs générer environ 4 700 emplois durant les phases de construction et d’exploitation.
La mission s’est également poursuivie à l’usine d’assemblage automobile OPAIA Motors, implantée dans la Zone économique spéciale de Luanda-Bengo.
Sur le site, les véhicules portent la mention « Made in Africa for the World », illustrant l’ambition de développer une production industrielle africaine destinée non seulement aux marchés nationaux, mais également aux consommateurs du continent et, à terme, aux marchés internationaux.
Pour la ZLECAf, les deux projets industriels constituent des exemples du modèle d’industrialisation recherché : transformer les ressources africaines sur le continent, accroître la valeur ajoutée locale et alimenter un marché africain intégré.
Pour Wamkele Mene, le développement des capacités industrielles ne peut cependant produire tous ses effets sans un accès effectif au marché continental.
« L’industrialisation de notre continent sera menée par les Africains », a-t-il souligné, mettant notamment en avant l’enjeu de la sécurité alimentaire. Selon lui, le développement de la production locale d’engrais et la transformation des ressources africaines peuvent contribuer à réduire la dépendance aux importations, tout en créant davantage de valeur et d’emplois sur le continent.
Le Secrétaire général de la ZLECAf insiste ainsi sur un point central : produire ne suffit pas. Il faut également pouvoir vendre et faire circuler les produits à travers les frontières africaines.
Dans le cadre de la ZLECAf, les marchandises respectant les règles d’origine et disposant du certificat d’origine requis peuvent bénéficier d’un traitement tarifaire préférentiel. Elles peuvent ainsi accéder à un marché continental regroupant environ 1,4 milliard de consommateurs.
Cette ambition était également au cœur de la participation de Wamkele Mene à la 41e Foire internationale de Luanda (FILDA 2026), où il était invité d’honneur du gouvernement angolais.
Aux côtés du ministre d’État chargé de la Coordination économique de l’Angola, José de Lima Massano, le responsable de la ZLECAf a échangé avec des industriels, exportateurs et entrepreneurs présents sur le salon. Les produits exposés, allant de l’agroalimentaire aux industries manufacturières, témoignent du potentiel de diversification de l’offre africaine.
Pour le Secrétariat de la ZLECAf, l’enjeu consiste désormais à passer d’une logique de ratification et d’engagement politique à une mise en œuvre économique concrète, fondée sur la connexion entre production, financement, investissement et commerce.
La mission en Angola traduit cette volonté de faire du secteur privé un acteur central du marché unique africain. Elle met également en évidence le rôle que peuvent jouer les pôles industriels émergents dans l’approvisionnement des marchés africains.
« Produisons localement, commerçons à l’échelle du continent. Ce que l’Afrique fabrique, l’Afrique peut l’acheter », a résumé Wamkele Mene.
À mesure que l’Angola développe ses capacités industrielles et que la ZLECAf poursuit la construction du marché unique africain, l’objectif est désormais de faire des entreprises du continent des fournisseurs majeurs du marché africain. Un enjeu déterminant pour que l’industrialisation génère davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de prospérité au sein du continent.














