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Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le gouvernement burundais ont décidé d’élaborer une feuille de route nationale destinée à accélérer la mise en œuvre de l’accord et à accroître la participation du Burundi au marché unique africain. Le secteur privé sera associé à cette démarche, avec pour objectif de diversifier les exportations et de renforcer la compétitivité de l’économie burundaise.

Le Burundi veut accélérer son intégration au marché continental africain. Le gouvernement burundais et le Secrétariat de la ZLECAf sont convenus d’élaborer conjointement une feuille de route nationale de mise en œuvre visant à traduire les engagements de l’accord en opportunités commerciales et d’investissement pour les entreprises du pays.

L’accord a été conclu à l’issue d’une rencontre de haut niveau entre le Secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, et le ministre burundais du Commerce. La délégation burundaise comprenait notamment des responsables du commerce extérieur, de l’industrie, de l’Office burundais des recettes (OBR) ainsi que de la Chambre fédérale de commerce et d’industrie.

Au cours des échanges, Wamkele Mene a présenté l’état d’avancement de la mise en œuvre de la ZLECAf et les différents instruments développés pour favoriser l’implication des entreprises africaines dans le marché continental.

Le Secrétariat entend notamment renforcer les chaînes de valeur régionales, en particulier dans la transformation agroalimentaire, promouvoir le développement des zones économiques spéciales (ZES) et accélérer la digitalisation des corridors commerciaux stratégiques, notamment à travers son partenariat avec Afreximbank.

Le potentiel du commerce intra-africain reste considérable. Selon les données présentées lors de la rencontre, les échanges commerciaux entre pays africains ont progressé de 12,4 % en 2024 pour atteindre 220 milliards de dollars.

Cette dynamique reste cependant freinée par plusieurs contraintes structurelles, notamment le coût élevé des échanges, les déficits d’infrastructures et les insuffisances persistantes dans les réseaux de transport.

Pour le Secrétaire général de la ZLECAf, le Burundi dispose d’atouts pour renforcer sa présence sur le marché continental, notamment grâce à son intégration de longue date au sein du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).

Ces appartenances régionales peuvent constituer un levier pour faciliter l’intégration du pays dans les chaînes de valeur africaines et accroître ses échanges avec d’autres marchés du continent.

Wamkele Mene a également encouragé les autorités burundaises à tirer parti des instruments de la ZLECAf, notamment le Fonds d’ajustement de la ZLECAf et le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).

Le Burundi est notamment appelé à identifier ses besoins prioritaires en financement afin de pouvoir mobiliser les ressources du Fonds d’ajustement nécessaires à la mise en œuvre de l’accord.

Le gouvernement burundais a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre la ZLECAf. Les autorités entendent notamment profiter de la présidence en exercice du Burundi à la tête de l’Union africaine pour donner une nouvelle impulsion à l’intégration commerciale continentale.

Le pays a engagé plusieurs réformes macroéconomiques et mesures de politique publique destinées à améliorer le climat des affaires et à renforcer l’attractivité de l’investissement.

Dans cette stratégie, les secteurs de la logistique et du transport occupent une place prioritaire, avec des investissements envisagés ou engagés dans les domaines de l’énergie et des mines afin de soutenir la transformation économique.

La diversification des marchés d’exportation constitue également un enjeu majeur pour le Burundi. Le pays souhaite notamment élargir les débouchés de produits phares tels que le thé et le café sur les marchés africains.

Pour y parvenir, le gouvernement met l’accent sur l’harmonisation des normes et le renforcement des mécanismes de conformité. Ces conditions sont essentielles pour permettre aux produits burundais de répondre aux exigences des différents marchés et de mieux profiter des avantages commerciaux offerts par la ZLECAf.

La rencontre s’est achevée sur une décision concrète : la création d’une équipe technique conjointe chargée d’élaborer un profil national complet du Burundi ainsi qu’une feuille de route opérationnelle pour la mise en œuvre de la ZLECAf.

Le document sera élaboré en associant le gouvernement et le secteur privé. Il devra notamment identifier les secteurs prioritaires, les contraintes à lever et les mesures nécessaires pour permettre aux entreprises burundaises de mieux accéder au marché continental.

Pour le Burundi, l’enjeu est désormais de transformer son intégration régionale en véritable avantage compétitif à l’échelle africaine. La feuille de route attendue devra ainsi servir de cadre pour accélérer les réformes, soutenir les entreprises et faire de la ZLECAf un levier concret de diversification des exportations et de transformation économique.

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