En visite à Lomé, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest, a appelé le Togo à placer le développement du capital humain au cœur de sa stratégie de transformation économique. Pour l’institution de Bretton Woods, l’amélioration des compétences constitue un préalable à une croissance durable et à une meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins du secteur productif.
Le développement économique du Togo passe aussi et surtout par l’investissement dans les compétences. C’est le message porté à Lomé par Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest, lors de sa récente visite dans le pays.
Pour le responsable de l’institution financière internationale, aucune transformation structurelle durable ne peut être envisagée sans un investissement conséquent dans le capital humain. « Aucun pays n’a réussi sa transformation sans avoir massivement investi dans son capital humain et aligné les compétences sur les besoins du secteur productif », a-t-il déclaré.
Cette appréciation intervient dans un contexte marqué par la poursuite de plusieurs réformes au Togo. Fiscalité, zones économiques spéciales, énergie, agriculture ou encore foncier figurent parmi les principaux chantiers engagés par les autorités.
Ces évolutions commencent à renforcer la lisibilité de l’environnement économique et à améliorer l’attractivité du pays. Pour la Banque mondiale, les progrès enregistrés ne relèvent toutefois pas du hasard. Ils s’inscrivent dans une dynamique où le capital humain doit accompagner les transformations engagées dans les différents secteurs de l’économie.
La capacité d’une population à produire, à innover et à s’adapter aux mutations économiques constitue ainsi un facteur déterminant de la compétitivité d’un pays.
Dans cette perspective, trois axes apparaissent prioritaires pour permettre au Togo de mieux convertir son potentiel humain en gains de productivité et en croissance économique.
Le premier concerne l’éducation de base. Il s’agit notamment de renforcer les investissements dans la petite enfance et d’améliorer la qualité des apprentissages. Une éducation fondamentale solide constitue en effet le socle nécessaire à l’acquisition de compétences tout au long de la vie.
Le deuxième axe porte sur la formation professionnelle. Celle-ci doit davantage répondre aux besoins réels de l’économie. L’implication du secteur privé dans la conception des programmes de formation apparaît dès lors essentielle pour réduire l’écart entre les qualifications disponibles et les profils recherchés par les entreprises.
Le troisième défi est celui de l’employabilité. La formation doit permettre aux jeunes et aux actifs d’acquérir des compétences directement mobilisables sur le marché du travail. L’objectif est de faire de la formation un instrument de productivité, d’insertion professionnelle et de compétitivité, au-delà de la seule délivrance de diplômes.
Cette approche traduit une évolution de la conception du développement. Au-delà des infrastructures, des investissements productifs et des ressources naturelles, le capital humain s’impose désormais comme un actif stratégique pour la transformation de l’économie togolaise.
Construire des routes, développer des zones industrielles ou accroître les capacités de production ne suffit pas. Encore faut-il disposer d’une main-d’œuvre capable d’exploiter efficacement ces infrastructures, d’accompagner l’innovation et de répondre aux exigences d’une économie en mutation.
En mettant l’accent sur les compétences, la Banque mondiale encourage ainsi le Togo à inscrire sa transformation économique dans une perspective de long terme. L’enjeu consiste désormais à faire de l’investissement dans les hommes et les femmes un véritable levier de productivité, d’emploi et de compétitivité.
Pour le Togo, le défi est donc clair : faire du capital humain non seulement un enjeu social, mais aussi un facteur central de la transformation structurelle et de la croissance économique.














