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Les huit pays de l’UEMOA ont renoué avec l’excédent commercial en 2025, une première depuis 2011. Selon la BCEAO, le solde positif atteint 6 318,2 milliards FCFA, porté principalement par l’or, le cacao et le pétrole.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré en 2025 un spectaculaire retournement de sa balance commerciale. Après un déficit de 171 milliards FCFA en 2024, les huit États membres ont dégagé un excédent de 6 318,2 milliards FCFA, selon le rapport annuel de la BCEAO présenté le 22 juillet à Dakar.

Cette performance résulte surtout de la forte progression des exportations, qui ont bondi de 38,6 % à 33 177,7 milliards FCFA, tandis que les importations n’augmentaient que de 11,4 %.

Trois produits expliquent largement cette performance. Les exportations d’or ont atteint 12 050,8 milliards FCFA, celles de cacao 7 031,2 milliards, tandis que les ventes de pétrole ont plus que doublé pour atteindre 4 406,3 milliards FCFA.

À eux trois, ces produits représentent 71 % des exportations de marchandises de l’UEMOA. À l’inverse, les exportations de coton ont reculé de 16 %.

La BCEAO attribue principalement cette embellie à l’augmentation des volumes produits. L’entrée en production de nouvelles unités pétrolières et gazières au Sénégal, ainsi que la hausse des capacités en Côte d’Ivoire et au Niger, ont porté la production de brut de l’Union de 192 942 à 233 870 barils par jour.

L’excédent commercial ne suffit toutefois pas à équilibrer les comptes extérieurs de l’Union. Le déficit des services reste élevé, à 7 512,8 milliards FCFA.

Les capitaux étrangers ont également reculé : les investissements directs étrangers ont diminué de 1 947,3 milliards FCFA, tandis que les prêts extérieurs nets effectivement décaissés aux États ont baissé de 1 024,2 milliards FCFA.

La BCEAO souligne néanmoins une nette amélioration des réserves de change, ses avoirs en devises ayant progressé de plus de 8 400 milliards FCFA en 2025.

La dynamique pourrait toutefois être mise à l’épreuve en 2026. Les cours de l’or ont corrigé après leurs sommets, tandis que les tensions au Moyen-Orient ont fait grimper les prix du pétrole, alourdissant la facture énergétique d’une Union toujours importatrice nette d’hydrocarbures.

Dans ce contexte, la BCEAO a ramené sa prévision de croissance pour 2026 de 6,4 % à 6,1 %, après avoir abaissé son principal taux directeur à 3 % en mars.

L’enjeu est désormais de déterminer si l’excédent commercial de 2025 constitue le début d’une tendance durable ou une performance essentiellement liée à la conjoncture favorable des matières premières.

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