Lomé, 02 septembre 2026 – La petite saison des pluies qui s’ouvre dans le Sud-Togo pourrait offrir des opportunités agricoles, mais elle rappelle surtout la nécessité pour les producteurs de s’adapter à une variabilité climatique de plus en plus marquée. Pour la période de septembre à novembre 2026, l’Agence nationale de la météorologie du Togo (ANAMET) prévoit une pluviométrie globalement normale à tendance excédentaire dans les régions Maritime et des Plateaux.
Derrière cette prévision globalement favorable se cache toutefois une réalité plus complexe pour le monde agricole : les pluies pourraient être abondantes, sans pour autant être régulièrement réparties dans le temps.
Selon les prévisions saisonnières, le démarrage de la saison agricole est attendu de tardif à normal, tandis que la saison pourrait connaître une fin précoce à normale. De longues séquences sèches pourraient également intervenir en début de saison, avec des poches de sécheresse vers la fin. Cette combinaison réduit la fenêtre disponible pour les activités agricoles et impose aux producteurs une meilleure anticipation.
Quand l’abondance des pluies ne garantit plus une bonne récolte
Dans un contexte de changement climatique, la quantité totale de pluie ne constitue plus, à elle seule, une garantie de sécurité alimentaire. Le véritable défi réside désormais dans la répartition des précipitations, leur régularité et leur adéquation avec le calendrier agricole. Un excès de pluie sur une courte période peut provoquer le ruissellement, l’érosion des sols et des inondations, tandis que plusieurs jours sans précipitations au moment critique de la croissance des cultures peuvent compromettre les récoltes.
C’est pourquoi les prévisions de l’ANAMET doivent être perçues comme un véritable outil d’aide à la décision. Elles permettent aux agriculteurs de mieux choisir leurs périodes de semis, les spéculations à produire et les techniques de gestion de l’eau.
L’adaptation climatique comme réponse
Face à cette évolution du climat, l’agriculture togolaise est appelée à renforcer ses capacités d’adaptation. L’ANAMET recommande notamment aux producteurs d’anticiper la préparation des sols afin de profiter des premières pluies utiles et de privilégier des variétés à cycles courts, à haut rendement et plus résilientes aux déficits hydriques.
L’adaptation passe également par le développement de pratiques telles que la conservation de l’humidité des sols, la diversification des cultures, l’agroforesterie, la récupération des eaux de pluie et, lorsque cela est possible, l’irrigation de complément. Les populations sont par ailleurs invitées à éviter l’installation et la mise en culture dans les zones exposées aux inondations et à assurer une gestion plus rationnelle des ressources en eau.
Faire parvenir l’information climatique jusqu’au producteur
Au-delà de la publication des bulletins météorologiques, le défi majeur reste celui de l’accès à l’information climatique dans les communautés. Les prévisions doivent parvenir jusqu’au « dernier kilomètre », c’est-à-dire jusqu’aux producteurs ruraux, afin d’être comprises et transformées en décisions concrètes sur les exploitations agricoles.
Dans les régions Maritime et des Plateaux, où l’agriculture demeure fortement dépendante des précipitations, l’information météorologique devient ainsi un outil d’adaptation climatique au même titre que les semences améliorées ou les techniques de gestion durable des terres.
Transformer la prévision en résilience
La petite saison des pluies 2026 s’annonce donc comme un test de la capacité d’adaptation des producteurs face à la variabilité climatique. Les pluies attendues pourraient constituer une opportunité pour relancer la production agricole. Mais leur caractère potentiellement irrégulier appelle à davantage de prudence et de préparation.
Plus que jamais, produire avec le climat ne suffit plus ; il faut désormais apprendre à produire en s’adaptant à ses changements. Pour le Sud-Togo, la diffusion et l’utilisation des informations agro-hydro-climatiques apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour renforcer la résilience des communautés agricoles et préserver la sécurité alimentaire face aux incertitudes climatiques.
Jean-Marc EDRON













