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Le Togo veut renforcer son capital humain dans le domaine de la cybersécurité. L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) lance un appel à manifestation d’intérêt pour constituer un vivier national de profils qualifiés, mobilisables pour renforcer la protection du cyberespace togolais. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 octobre 2026.

Daté du 27 août et rendu public le 2 septembre sur les plateformes de l’ANCy, l’appel vise à identifier, qualifier et référencer des compétences nationales susceptibles d’intervenir, selon les besoins, dans des missions techniques, opérationnelles, de recherche, de développement, de formation, de sensibilisation ou d’appui.

« Ce vivier a vocation à permettre à l’ANCy d’identifier, de qualifier, de référencer et, selon les besoins, de mobiliser des compétences nationales », précise le document officiel.

Le dispositif couvrira un large éventail de compétences. Sont notamment ciblées la prévention des cybermenaces, la protection des systèmes d’information, la détection et l’analyse des incidents, la réponse aux attaques, l’analyse des vulnérabilités ainsi que l’audit et l’évaluation de sécurité.

L’initiative concerne également la sécurité des infrastructures, des applications et des environnements cloud, le renseignement sur les menaces, l’investigation numérique, la gouvernance des risques, la conformité et la protection des données personnelles.

La recherche et le développement, la sensibilisation, le renforcement des capacités et l’amélioration de la résilience numérique nationale figurent également parmi les domaines couverts.

La constitution de ce vivier s’inscrit dans la Stratégie nationale de cybersécurité 2024-2028, dont l’un des objectifs est de promouvoir une culture de la cybersécurité et de développer les compétences techniques nationales.

L’enjeu dépasse désormais la seule protection des infrastructures publiques. La progression des usages numériques, notamment dans les réseaux sociaux, le commerce électronique et les services financiers mobiles, élargit également la surface d’exposition aux cybermenaces.

Interpol souligne que les cybercriminels perfectionnent leurs méthodes en utilisant notamment l’ingénierie sociale, l’intelligence artificielle et les plateformes de messagerie instantanée. Selon l’organisation, la cybercriminalité aurait causé 5 milliards de dollars de dommages économiques directs en Afrique en 2025.

Dans ce contexte, disposer de compétences locales capables de prévenir, détecter et traiter les incidents devient un enjeu à la fois sécuritaire et économique.

Le Togo affiche déjà des résultats relativement solides en matière de cybersécurité. Dans l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays figure dans la deuxième des cinq catégories établies par l’organisation.

Le Togo obtient notamment de bonnes évaluations sur les dimensions organisationnelle, juridique, technique et liées au développement des capacités. Sur le volet juridique, il décroche le score maximal de 20 points sur 20.

Des marges de progression subsistent toutefois sur le plan technique. Ce volet évalue notamment les capacités à prévenir, détecter, protéger les systèmes, répondre aux cyberattaques et assurer la reprise après incident. Le Togo y obtient 15,3 points sur 20.

La mise en place d’un vivier national de compétences pourrait ainsi contribuer à combler une partie de ce déficit, en renforçant les ressources humaines disponibles et en facilitant leur mobilisation face aux besoins croissants de sécurité numérique.

À travers cet appel, l’ANCy entend donc structurer davantage l’expertise nationale et faire du capital humain un levier de résilience et de souveraineté numériques.

Les candidatures sont attendues au plus tard le vendredi 30 octobre 2026 à 17h30.

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