La filière cotonnière togolaise démarre la campagne 2026-2027 sur une dynamique supérieure aux prévisions. Fin juillet, 115 980 hectares étaient déjà emblavés, alors que l’objectif initial avait été fixé à 105 000 hectares. Le pays dépasse ainsi sa cible de 10 980 hectares, soit une progression de 10,5 %.
Le chiffre ressort du dernier bulletin du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA). Il témoigne d’une mobilisation importante des producteurs togolais autour de la campagne, alors que la filière cherche à relancer durablement sa production et à améliorer ses performances.
Le dépassement de la superficie prévue intervient dans un contexte régional également marqué par une progression des emblavements. La Côte d’Ivoire et le Tchad enregistrent eux aussi des superficies supérieures à leurs prévisions, selon les données du PR-PICA.
Avec près de 116 000 hectares emblavés à fin juillet, le Togo a donc déjà franchi le seuil fixé pour l’ensemble de la campagne.
Cette évolution constitue un signal positif pour la filière, mais elle ne permet pas encore de préjuger du niveau définitif de la récolte. La superficie cultivée ne constitue en effet qu’un des déterminants de la production. Le rendement à l’hectare, l’évolution de la pluviométrie, la disponibilité et la qualité des intrants ainsi que la maîtrise des ravageurs et autres risques phytosanitaires seront déterminants.
L’enjeu sera donc désormais de transformer cette progression des superficies en gains de productivité.
Le défi est important pour une filière qui cherche à retrouver une trajectoire de croissance.
Au titre de la campagne 2024-2025, le Togo avait produit 60 403 tonnes de coton-graine. Pour la campagne suivante, les prévisions avaient été relevées à environ 80 000 tonnes, avec un rendement attendu proche d’une tonne à l’hectare.
Pour 2026-2027, l’ambition est encore plus élevée : atteindre 105 000 tonnes de coton-graine, pour une superficie initialement prévue de 105 000 hectares.
Le dépassement enregistré à fin juillet place donc les producteurs sur une base supérieure à celle retenue dans les projections initiales.
Si l’augmentation des superficies constitue un premier indicateur favorable, elle ne suffira toutefois pas à garantir l’atteinte de l’objectif de production.
À superficie équivalente, une amélioration du rendement permettrait d’accroître sensiblement le volume récolté. À l’inverse, des conditions climatiques défavorables, une pression accrue des ravageurs ou des difficultés d’accès aux intrants pourraient limiter les performances de la campagne.
La filière devra donc suivre simultanément l’évolution des superficies, l’état des cultures et les rendements attendus.
Le franchissement de la barre des 115 000 hectares avant la fin du mois de juillet reste néanmoins un indicateur encourageant pour le secteur cotonnier togolais.
Il traduit une adhésion des producteurs supérieure aux anticipations initiales et offre une base favorable à l’objectif de production de 105 000 tonnes.
La prochaine étape sera désormais de confirmer cette dynamique dans les champs et de convertir l’extension des superficies en une hausse effective de la production. Les résultats de la récolte permettront de mesurer si le dépassement enregistré au démarrage de la campagne annonce véritablement une nouvelle progression de la filière cotonnière togolaise.














