Après plusieurs années d’intervention en faveur des communautés rurales, le Mécanisme Forêts et Paysans (FFF) fait l’objet d’un exercice de suivi, d’apprentissage et de capitalisation. Ouvert le 19 août 2026 à Lomé, l’atelier national consacré à cette démarche met l’accent sur les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les enseignements à tirer pour renforcer les actions futures.
La gestion durable des forêts ne peut être dissociée des conditions de vie des populations qui en dépendent. C’est autour de cette approche que le Mécanisme Forêts et Paysans (FFF), mis en œuvre avec l’appui de la FAO au Togo, a accompagné les organisations de producteurs forestiers et agricoles (OPFA) dans le renforcement de leurs capacités, leur participation à la gouvernance et le développement d’initiatives économiques.
L’atelier ouvert à Lomé constitue ainsi un moment important pour faire le point sur les expériences conduites sur le terrain et capitaliser les changements enregistrés au sein des communautés. Pendant deux jours, les différentes organisations bénéficiaires sont appelées à présenter leurs résultats, partager leurs expériences, mais aussi exposer les difficultés rencontrées et les solutions développées.
Depuis 2019, les interventions du FFF ont mobilisé d’importantes ressources au Togo. Selon SUKATI Mphumuzi, Représentant par intérim de la FAO au Togo, plus de 4,65 millions de dollars américains, soit plus de 2,65 milliards de FCFA, ont été investis à travers le programme entre 2019 et 2026.
Ces financements ont permis d’accorder des subventions directes à plus de 100 organisations de producteurs forestiers et agricoles et de soutenir des initiatives mises en œuvre directement dans les communautés.
Pour la dernière vague d’intervention, 11 subventions directes et trois protocoles d’accord ont été signés, pour un montant global de près de 176 millions de FCFA. Une grande partie de cette enveloppe, soit 84 %, a été consacrée aux investissements matériels et à la restauration des paysages, tandis que 16 % ont servi au renforcement des capacités et à la structuration des organisations.
Pour la FAO, toutefois, l’importance du FFF ne se mesure pas uniquement à travers les montants mobilisés.
« Au-delà des chiffres, ce qui compte le plus, ce sont les changements réels dans les communautés », a souligné SUKATI Mphumuzi, mettant en avant des producteurs mieux organisés, des initiatives plus solides et des résultats susceptibles de durer.
La Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP) relève, pour sa part, le rôle du FFF dans le renforcement de la participation des OPFA aux cadres de concertation et de dialogue.
Selon Olou-Adara Ayéfoumi, président du conseil d’administration de la CTOP, le mécanisme a permis aux organisations de producteurs de mieux porter leurs préoccupations sur des questions telles que le foncier, les forêts, l’environnement, l’agriculture familiale, l’agroécologie et la restauration des paysages.
Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, le programme a également favorisé la promotion de pratiques d’agroécologie, d’agroforesterie, de restauration des terres et des paysages et de gestion durable des ressources naturelles. Des actions qui contribuent à renforcer la résilience des exploitations familiales et des communautés rurales.
Le FFF a parallèlement soutenu la création d’opportunités économiques à travers la transformation locale, la valorisation des produits forestiers et agricoles, l’accès aux marchés et le développement de l’entrepreneuriat rural. Au-delà des réalisations, l’atelier de Lomé entend surtout tirer les enseignements de la mise en œuvre du mécanisme.
Pour Kodjo DOSSOU, directeur des ressources forestières, représentant le ministre de tutelle à l’ouverture des travaux, le suivi-apprentissage ne consiste pas simplement à établir un bilan. Il doit permettre d’identifier les acquis, de comprendre les difficultés et de rechercher collectivement des solutions susceptibles d’améliorer les interventions futures.
Cette approche rejoint la volonté de la FAO de faire de l’expérience des organisations paysannes une source d’apprentissage pour les prochaines actions.
Ainsi, après plusieurs années d’investissements et d’accompagnement, 2026 apparaît comme une étape de consolidation et de capitalisation. L’objectif est désormais de documenter les changements obtenus, de valoriser les bonnes pratiques et de renforcer les acquis afin qu’ils puissent produire des effets durables au bénéfice des communautés.
L’atelier de Lomé constitue donc à la fois un exercice de redevabilité, un espace de dialogue et un cadre d’apprentissage collectif, destiné à alimenter le rapport de suivi et d’apprentissage du FFF pour l’année 2026.
En plaçant les expériences des producteurs au cœur de cet exercice, le Togo entend transformer les acquis du Mécanisme Forêts et Paysans en enseignements utiles pour poursuivre la restauration des paysages, renforcer la résilience des communautés et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles.
Jean-Marc Edron














