Le Togo bénéficie d’un financement de 200 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale dans le cadre du Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Cette initiative vise à consolider la position du pays comme hub logistique régional et à améliorer la mobilité des personnes et des marchandises.
Le PASLT s’articule autour de trois composantes majeures. La première concerne la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port Autonome de Lomé et la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). Ce projet permettra d’assurer le transport des conteneurs par voie ferrée entre les deux infrastructures stratégiques.
Située à 27 kilomètres au nord de Lomé et opérationnelle depuis janvier 2022, la PIA dispose d’une capacité d’accueil de 12 500 conteneurs et joue un rôle central dans la desserte des pays de l’hinterland ouest-africain.
Le deuxième volet vise l’amélioration de la mobilité urbaine dans le Grand Lomé, notamment par la réduction de la congestion routière observée autour de la zone portuaire. L’objectif est de fluidifier le trafic et de renforcer l’efficacité des déplacements dans la capitale.
La troisième composante porte sur l’amélioration de la connectivité entre les bassins agricoles à fort potentiel et les marchés nationaux, régionaux et internationaux. Les investissements concerneront particulièrement les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô, afin de faciliter l’écoulement des productions agricoles.
Selon la Banque mondiale, près de 2,2 millions d’habitants du Grand Lomé devraient bénéficier d’une amélioration des services de transport public et d’une diminution des nuisances liées à la circulation des poids lourds.
En milieu rural, environ 400 000 personnes, dont 51 % de femmes, verront leur accès aux services sociaux et aux opportunités économiques renforcé grâce à l’amélioration des infrastructures de transport.
Le programme devrait également contribuer à réduire les pertes post-récolte, à renforcer la compétitivité des chaînes de valeur agricoles et à favoriser le désenclavement des zones de production. Les infrastructures réalisées intégreront des normes de résilience face aux effets du changement climatique.
Pour Tony Verheijen, ce programme constitue une opportunité majeure pour le développement économique du pays.
« Ce programme représente une opportunité stratégique majeure pour le Togo de renforcer sa position en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région et au-delà, en s’appuyant sur le Port de Lomé comme un atout stratégique », a-t-il souligné.
Selon lui, le projet contribuera également à stimuler la création d’emplois, à soutenir le développement des chaînes de valeur et à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs privés.
Ce nouveau financement s’inscrit dans le cadre du partenariat croissant entre le Togo et le Groupe de la Banque mondiale. À fin mars 2026, le portefeuille de l’institution dans le pays atteignait 1,49 milliard de dollars.
En décembre 2025, la Banque mondiale avait déjà approuvé un financement de 150 millions de dollars destiné à soutenir l’investissement privé et la création d’emplois.
Le secteur du transport et de la logistique figure parmi les priorités du Cadre de partenariat pays 2025-2029, aux côtés de l’agriculture. Cette orientation s’explique notamment par le rôle stratégique du Port Autonome de Lomé, seul port en eau profonde de la côte ouest-africaine, dont le trafic est passé de 311 500 EVP en 2013 à près de 1,9 million d’EVP en 2023.
La réhabilitation de la liaison ferroviaire entre Lomé et Adétikopé devrait ainsi accompagner cette dynamique de croissance tout en réduisant la pression exercée sur le réseau routier national, long d’environ 12 000 kilomètres et confronté à d’importants besoins de modernisation.
À travers le PASLT, le gouvernement togolais entend consolider les infrastructures de transport, améliorer la compétitivité logistique du pays et soutenir une croissance économique plus inclusive et durable.














