HORIZON NEWS

L’association « Je suis fier d’être Mahi, et toi ? » a organisé, samedi 29 août 2026 à Zanguéra, la deuxième édition du Festival identitaire et culturel Mahi-Togo. Cette rencontre, tenue au Bar 3e Mi-Temps, a réuni chefs traditionnels, cadres et représentants de la communauté Mahi du Togo autour d’un objectif : mieux faire connaître et valoriser l’identité, l’histoire et le patrimoine culturel de ce peuple présent au Togo depuis plusieurs siècles.

Placée sous le parrainage de Dah Djagba Tokannou, Akohin Laurent, Georges Maouignon Kinmakon, Mahedeou Edjrosse et Zoudonou Akpo Kossiwa, cette deuxième édition a rassemblé plusieurs personnalités issues des trois zones de la communauté Mahi. Parmi les participants figuraient notamment des chefs traditionnels ainsi que le maire adjoint de l’Ogou 1.

Au-delà de son caractère festif, le rendez-vous se veut un espace de transmission et de promotion du patrimoine culturel Mahi, notamment auprès des jeunes générations et de la diaspora.

Pour Dah Djagba Tokannou, président de l’association « Je suis fier d’être Mahi, et toi ? », l’initiative vise principalement à donner davantage de visibilité à cette identité culturelle.

« L’objectif de ce festival, qui est à sa deuxième édition, est de valoriser la culture Mahi, de faire connaître les Mahi au Togo et de faire découvrir l’art culinaire Mahi à la population togolaise et à la diaspora », a-t-il expliqué.

À plus long terme, l’association ambitionne d’organiser une manifestation culturelle d’envergure dans la préfecture de l’Ogou. Pour son président, le festival constitue également une occasion de rappeler l’histoire et l’identité de cette communauté.

« Les Mahi ne sont pas Fon, ils sont Mahi et, par-dessus tout, Togolais puisqu’ils vivent sur le territoire togolais depuis plus de 300 ans », a-t-il souligné.

La question de la reconnaissance de l’identité Mahi dans les référentiels administratifs a également été évoquée au cours de la manifestation.

Akohin Laurent, directeur général du Bar 3e Mi-Temps, a expliqué que la démarche engagée par l’association répond notamment à la volonté de mettre fin à une confusion récurrente entre les différentes communautés présentes dans la préfecture de l’Ogou.

Selon lui, les Mahi ont longtemps été associés, dans certaines présentations administratives ou culturelles, à d’autres groupes tels que les Fon, les Ifè ou les Ana. Cette situation explique, à ses yeux, la volonté de la communauté de mieux affirmer son identité.

« Il est temps que les Mahi aussi s’illustrent, se distinguent et aient une existence administrative », a-t-il déclaré, rappelant que des démarches auraient déjà été entreprises auprès des autorités afin que l’identité Mahi soit mieux prise en compte, notamment dans les opérations de recensement.

Présents au Togo depuis plus de trois siècles selon les organisateurs, les Mahi ont contribué à l’implantation et au développement de plusieurs villages et localités.

La communauté est notamment présente dans le canton d’Atchinédji, ainsi que dans plusieurs villages et localités parmi lesquels Agbo-Fon, Sada, Avèté, Coto Kopé et Goho Kopé, entre autres.

Pour les organisateurs, la préservation de cette histoire passe par la transmission de la culture aux jeunes générations, mais également par une meilleure visibilité du patrimoine Mahi auprès du public togolais et de la diaspora.

La deuxième édition a également servi de vitrine à l’art culinaire Mahi, avec une exposition de mets traditionnels, notamment à base d’igname, mettant en valeur les savoir-faire gastronomiques de la communauté.

La musique a occupé une place importante dans les festivités. Des artistes Mahi du Togo et du Bénin, parmi lesquels Toffon, Sèdo, Dekpon, Adikpé, Gbegnon, Gbèdo, Adize Laurent, Agoukpe et Gbèti, ont assuré des prestations en direct, contribuant à l’animation de la cérémonie.

Le programme comprenait également un tirage au sort destiné aux villages des trois zones Mahi. Des machines à coudre ont été mises en jeu afin de soutenir les bénéficiaires dans leurs activités.

Au terme du tirage, les quartiers Kogo Kopé, Adougbélan et Tchéla ont été désignés gagnants. Ces localités font partie des trois zones qui regroupent, selon les organisateurs, plus de 67 quartiers.

L’association « Je suis fier d’être Mahi, et toi ? » ambitionne ainsi inscrire la promotion de l’identité Mahi dans une dynamique durable, combinant préservation du patrimoine, transmission culturelle, cohésion communautaire et valorisation des savoir-faire locaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *