Atakpamé, 12 août 2026 – Et si la question de l’eau et de l’assainissement se jouait d’abord au niveau des territoires ? C’est l’une des principales leçons ressorties de la célébration de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local (JADDL) 2026 dans la région des Plateaux. À Atakpamé, les acteurs locaux ont placé la responsabilité des collectivités au cœur des discussions sur l’accès durable aux services essentiels.
Placée sous le thème « L’autonomisation des autorités locales pour une eau et un assainissement durables », la rencontre a rassemblé autour du président du Conseil Régional des Plateaux, Komla Mawuena Gnatcho, notamment le maire de la commune Ogou 1, Dr Komlan Mensah Kassamada, ainsi que les services déconcentrés de l’État.
Au-delà de la réalisation des infrastructures, les échanges ont mis l’accent sur un enjeu déterminant : la capacité des collectivités à assurer durablement la gestion des ouvrages hydrauliques et d’assainissement.
Dans les zones rurales, les disparités d’accès demeurent importantes. Les interventions de l’ANADEB, à travers les projets PAPV et FACT, ont notamment permis de renforcer les infrastructures avec la réalisation de forages, de mini-adductions d’eau et de latrines, en tenant compte des réalités locales et des niveaux de pauvreté.
Mais pour les participants, construire des ouvrages ne suffit pas. Leur entretien, leur fonctionnement et leur pérennisation exigent des collectivités disposant de compétences et de moyens appropriés. Les discussions ont ainsi fait ressortir trois priorités : renforcer les compétences des collectivités, assurer un transfert effectif des ressources financières et clarifier les responsabilités des différents acteurs conformément au cadre réglementaire régissant l’eau et l’assainissement. La mobilisation d’investissements à l’échelle territoriale apparaît également indispensable pour éviter que des infrastructures nouvellement réalisées ne se dégradent faute de moyens pour leur maintenance.
La durabilité de l’accès à l’eau ne peut toutefois être dissociée de la protection des ressources naturelles. Les participants ont insisté sur la nécessité pour les collectivités d’intégrer davantage la préservation des écosystèmes dans leurs politiques locales.
Le reboisement avec des essences locales, notamment le Ceiba pentandra et le Khaya senegalensis, ainsi que la lutte contre les pollutions chimiques des cours d’eau ont été présentés comme des actions nécessaires à la préservation des ressources hydriques.
À travers cette célébration, les acteurs des Plateaux ont donc déplacé le débat : l’enjeu n’est plus seulement de rapprocher les services d’eau et d’assainissement des populations, mais de donner aux collectivités les moyens de les gérer efficacement dans la durée.
La JADDL 2026 aura ainsi servi de cadre pour rappeler qu’une véritable décentralisation ne peut produire tous ses effets sans compétences clairement définies, ressources suffisantes et responsabilité environnementale. Aux Plateaux, la gouvernance locale de l’eau apparaît désormais comme un levier majeur du développement territorial et de l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
Jean-Marc EDRON














