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L’Assemblée nationale examine depuis le 11 août 2026 un projet de loi consacré à la création et à la gestion des aires protégées. Portée par le gouvernement, la réforme vise à renforcer la protection de la biodiversité, améliorer la gouvernance des espaces naturels et mieux associer les communautés riveraines à leur valorisation économique.

La protection de l’environnement s’affirme comme un axe important de la politique de développement du Togo. Les pouvoirs publics veulent désormais inscrire la conservation de la biodiversité dans une approche conciliant préservation des ressources naturelles, développement local et création d’opportunités économiques.

C’est dans cette perspective que l’Assemblée nationale, première chambre du Parlement, a ouvert, le 11 août 2026, sa deuxième session extraordinaire de l’année. Convoquée conformément à l’article 12, alinéa 3, de la Constitution de la Ve République, cette session est notamment consacrée à l’examen du projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées.

Le Togo compte actuellement 83 aires protégées, couvrant environ 14 % du territoire national. Certaines de ces zones ont été créées entre 1937 et 1958 et constituent aujourd’hui des espaces majeurs pour la conservation de la biodiversité.

Mais la pression démographique, l’exploitation des ressources naturelles et l’intensification de certaines activités humaines fragilisent ces écosystèmes. Le gouvernement estime donc nécessaire d’adapter le cadre juridique afin de mieux répondre aux défis actuels de conservation et de gestion durable.

Le projet de loi apporte notamment des précisions sur les conditions de création, d’extension, de déclassement et de gestion des aires protégées. Il prévoit également une typologie et une catégorisation de ces espaces conformes aux standards internationaux, avec l’objectif d’améliorer la cohérence et l’efficacité du dispositif national.

La réforme ne se limite pas à renforcer la protection des espaces naturels. Elle entend également favoriser une meilleure articulation entre conservation et développement des territoires.

L’écotourisme, la valorisation durable des ressources naturelles et le développement d’activités génératrices de revenus au profit des communautés riveraines devraient ainsi occuper une place accrue dans la gestion des aires protégées.

Cette orientation traduit une évolution du modèle de conservation. L’objectif n’est plus seulement de protéger les espaces naturels en limitant les activités humaines, mais aussi de permettre aux populations qui vivent à proximité d’en tirer des bénéfices économiques durables, tout en les associant à leur préservation.

Le projet de loi met également l’accent sur la gouvernance et le financement des aires protégées. Il prévoit un cadre destiné à favoriser une gestion plus efficace, transparente et durable de ces espaces.

Composé de 63 articles répartis en huit chapitres, le texte doit fournir au pays les instruments juridiques et institutionnels nécessaires à une meilleure conservation de son patrimoine naturel.

Son adoption pourrait également contribuer aux objectifs nationaux en matière d’extension de la couverture forestière, de restauration des écosystèmes et de préservation des ressources naturelles. Elle devrait, par ailleurs, renforcer la mise en œuvre des engagements internationaux du Togo, notamment ceux liés à la Convention sur la diversité biologique.

Au-delà de la dimension réglementaire, la réforme porte une vision plus large du développement. La protection de l’environnement est de plus en plus considérée comme un investissement stratégique susceptible de soutenir l’innovation, l’emploi et l’émergence de nouvelles activités économiques.

Pour le Togo, l’enjeu consiste désormais à transformer les aires protégées en véritables leviers de développement territorial, sans compromettre leur vocation première de conservation.

La réussite de cette réforme dépendra toutefois de plusieurs facteurs : l’application effective de la nouvelle législation, la mobilisation de financements durables, l’efficacité des mécanismes de gouvernance et l’adhésion des populations concernées.

La réforme du cadre juridique des aires protégées apparaît ainsi comme une étape importante de la politique environnementale togolaise. En cherchant à associer protection de la biodiversité, valorisation économique des ressources et participation des communautés locales, le gouvernement entend inscrire la gestion du patrimoine naturel dans une perspective de développement durable et de résilience des territoires.

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