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Dans ses mémoires intitulées « L’Afrique d’abord », l’homme d’affaires et figure panafricaine Gervais Koffi Djondo livre une réflexion critique sur les défis politiques du continent. Au cœur de son analyse : la question du pouvoir, de son exercice et de la nécessité d’une transformation profonde des pratiques de gouvernance.

Pour Gervais Koffi Djondo, le principal défi auquel l’Afrique doit s’attaquer ne réside pas seulement dans les conséquences visibles du sous-développement, mais dans les mécanismes profonds qui entretiennent certaines difficultés structurelles. Parmi ces enjeux, il place la question du pouvoir politique au sommet de l’État.

L’ancien dirigeant d’institutions panafricaines estime que de nombreux systèmes politiques africains restent marqués par une forte concentration du pouvoir et une difficulté à organiser une alternance durable. Selon lui, certains dirigeants privilégient davantage la conquête et la conservation du pouvoir que la transformation des sociétés.

Dans son analyse, Gervais Koffi Djondo met en garde contre une conception du pouvoir qui ferait de l’État un instrument de domination plutôt qu’un outil au service du développement collectif. Il critique notamment les pratiques visant à limiter les contre-pouvoirs, réduire l’espace du débat public ou empêcher une véritable compétition démocratique.

L’auteur refuse toutefois l’idée selon laquelle ces dérives constitueraient une caractéristique propre aux sociétés africaines. Pour lui, réduire les difficultés politiques du continent à une prétendue « culture africaine » du pouvoir serait une lecture simpliste de réalités beaucoup plus complexes.

Comparant différentes trajectoires politiques africaines, il souligne des évolutions positives dans certains pays anglophones, citant notamment le Ghana et le Nigeria comme exemples de consolidation progressive des mécanismes démocratiques, malgré leurs propres défis historiques.

Au-delà des critiques, la réflexion de Gervais Koffi Djondo appelle à une responsabilité collective : celle de repenser la gouvernance, de renforcer les institutions et de faire du pouvoir un moyen de construire des sociétés plus prospères et plus inclusives.

À travers « L’Afrique d’abord », l’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT) propose ainsi une lecture engagée du devenir africain, fondée sur la nécessité d’un changement profond des mentalités politiques et institutionnelles.

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