Le Togo franchit une nouvelle étape dans la reconnaissance des compétences professionnelles. Le pays a validé, jeudi, son dispositif national de certification des formations de courte durée (FCD), destiné à harmoniser l’évaluation des acquis, à faciliter l’insertion professionnelle et à renforcer la confiance des employeurs dans les qualifications des apprenants.
Jusqu’ici, les formations de courte durée permettent à de nombreux jeunes et adultes d’acquérir rapidement des compétences pratiques dans différents métiers. Toutefois, les attestations délivrées par les centres de formation ne bénéficient pas toujours d’une reconnaissance suffisante auprès des employeurs, notamment au-delà de leur zone d’intervention.
Le nouveau dispositif entend corriger cette faiblesse en instaurant des modalités harmonisées d’évaluation et de certification. L’objectif est de donner une valeur nationale aux compétences acquises et de faciliter leur reconnaissance et leur transférabilité sur l’ensemble du territoire.
« Au-delà de la formation elle-même, nous sommes convaincus qu’il est essentiel de pouvoir faire reconnaître les compétences acquises », a souligné Thi Hoang Mai Tran, représentante pour l’Afrique de l’Ouest de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), partenaire de cette initiative.
Les formations de courte durée constituent une voie d’accès rapide aux compétences recherchées sur le marché du travail. Elles s’adressent notamment aux jeunes non scolarisés ou déscolarisés, aux femmes exerçant dans le secteur informel, aux travailleurs sans qualification formelle ainsi qu’aux diplômés dépourvus de compétences professionnelles spécifiques.
Selon le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, plus de 3 000 bénéficiaires ont déjà suivi ces formations et contribuent aujourd’hui à la production, à l’entrepreneuriat et à la création de richesses dans leurs territoires.
« Une compétence sans reconnaissance officielle reste invisible. Une attestation sans valeur nationale ne protège pas », a-t-il déclaré.
La mise en place de cette certification doit ainsi permettre de dépasser les limites des attestations propres à chaque centre de formation. Elle devrait favoriser l’accès à l’emploi, la mobilité professionnelle et la progression des apprenants, y compris ceux qui n’ont pas emprunté les circuits classiques de formation diplômante.
Une réforme intégrée au système national de certification
La validation du dispositif s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’enseignement technique et de la formation professionnelle au Togo. Elle s’articule notamment avec le Cadre national de certification et de valorisation des acquis de l’expérience (CNC-VAE), les titres professionnels ainsi que les passerelles entre les différents parcours de formation.
L’enjeu est de construire un système plus cohérent, dans lequel les compétences acquises à travers des formations courtes puissent être évaluées, reconnues et valorisées au même titre que celles issues d’autres parcours de qualification.
L’OIF accompagne cette dynamique, notamment à travers son programme D-CLIC « Formez-vous au numérique ». Depuis 2021, ses initiatives de formation aux métiers du numérique ont permis d’accompagner plus de 2 000 jeunes à Lomé et dans plusieurs autres villes du pays.
Avec ce nouveau mécanisme, le Togo entend ainsi faire de la reconnaissance des compétences un instrument supplémentaire d’employabilité, de mobilité professionnelle et de valorisation du capital humain.















