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HORIZON NEWS

À Lomé, l’Afterwork Familles & Repreneurs a réuni, le 23 octobre 2026, des chefs d’entreprise, des familles entrepreneuriales et des repreneurs autour d’une question cruciale : comment assurer la survie des entreprises familiales au-delà de leurs fondateurs ? Initiée par Eyram Koffidjin, fondatrice de Transmission & Héritage, avec le soutien de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), la rencontre a mis en avant la préparation de la relève, le dialogue entre générations et les mécanismes d’accompagnement à la transmission.

Créer une entreprise demande du temps, des ressources et de la persévérance. Mais assurer sa continuité après le départ de son fondateur constitue un défi tout aussi déterminant. Pour de nombreuses entreprises familiales, la succession représente une étape délicate, où se croisent enjeux patrimoniaux, attentes familiales et impératifs de gestion.

C’est autour de cette problématique qu’Eyram Koffidjin a initié l’Afterwork Familles & Repreneurs. La rencontre entend créer un espace de dialogue entre les générations afin d’anticiper les difficultés de succession et de favoriser la continuité des activités. « La transmission ne saurait être l’affaire d’une seule génération. Elle est le fruit d’une rencontre entre l’expérience de ceux qui ont construit et la vision et les aspirations de ceux qui prendront la relève », a-t-elle souligné.

Les témoignages de Larissa YETO, repreneuse béninoise, et de Carmen SYMENOUH, du Togo, ont illustré les réalités de la reprise d’entreprises familiales. Leurs expériences ont mis en évidence les responsabilités qui accompagnent la succession, mais également les possibilités de développement qu’offre la continuité d’une activité déjà établie.

Hériter d’une entreprise ne revient pas simplement à recevoir un patrimoine. Il faut aussi préserver les acquis, comprendre le fonctionnement de la structure, répondre aux attentes des parties prenantes et définir une vision capable de préparer l’avenir.

Les échanges ont ainsi souligné l’importance d’une transmission anticipée. Le dialogue familial, la clarification des rôles, l’apprentissage du métier et la préparation progressive des futurs dirigeants peuvent contribuer à réduire les tensions entre fondateurs et repreneurs. Le film Mawu-Sika, présenté par Steven AF, a également alimenté la réflexion sur les réalités entrepreneuriales et les enjeux de transmission.

Parrain de l’événement, le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi SYMENOUH, a insisté sur la portée économique de la transmission. « Créer une entreprise est un défi. La faire grandir en est un autre. Mais assurer sa continuité au-delà de son fondateur constitue une responsabilité tout aussi importante », a-t-il déclaré.

Lorsqu’une entreprise disparaît faute de relève, les conséquences dépassent le cadre familial. Des emplois peuvent être perdus, des compétences dispersées et des savoir-faire accumulés pendant des années abandonnés. La transmission constitue donc un enjeu de préservation du tissu productif, de l’emploi et de la valeur économique créée localement.

Le président de la CCI-Togo a notamment évoqué le parcours des Nana Benz, figures emblématiques de l’entrepreneuriat féminin togolais. Certaines ont bâti des entreprises importantes avant d’en confier la gestion à leurs enfants. Ces expériences montrent toutefois que la transmission ne garantit pas automatiquement la pérennité : elle exige aussi des compétences, une vision et une capacité d’adaptation.

« Transmettre ne signifie donc pas simplement léguer une entreprise. C’est aussi transmettre une vision, des compétences, des valeurs et la capacité de poursuivre une œuvre tout en lui donnant un nouvel élan », a-t-il rappelé.

Pour faciliter la continuité des activités économiques, la CCI-Togo travaille à la mise en place d’une plateforme de reprenariat destinée à rapprocher les entreprises souhaitant céder leurs activités des entrepreneurs intéressés par leur reprise.

Le recensement des entreprises familiales figure également parmi les pistes évoquées. Une meilleure connaissance de ces structures permettrait d’identifier leurs besoins, leurs difficultés de succession et leurs perspectives, afin d’envisager des dispositifs d’accompagnement adaptés.

Le reprenariat peut en effet constituer une solution lorsque la relève familiale n’est pas disponible ou ne souhaite pas reprendre l’activité. Il offre alors la possibilité de préserver une entreprise viable, son savoir-faire et ses emplois, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de développement.

Depuis le lancement de Transmission & Héritage, le 28 août 2025, Eyram Koffidjin s’emploie à rapprocher les entrepreneurs qui ont bâti leur activité de ceux qui souhaitent en assurer la continuité. Organisée autour du thème « Famille & Entreprise : Construire, Transmettre et Pérenniser », cette édition a mis l’accent sur la nécessité de préparer la relève et d’aborder suffisamment tôt les questions de succession.

Les échanges de Lomé font ressortir une exigence centrale : la transmission ne peut être improvisée au moment du départ du dirigeant. Elle doit s’inscrire dans une démarche progressive, fondée sur l’anticipation, le partage des compétences et la confiance entre les générations.

Pour le tissu économique togolais, l’enjeu est de faire de la succession non pas un risque de disparition, mais une étape de consolidation et de renouvellement des entreprises. Car préserver une entreprise familiale, c’est aussi contribuer à maintenir des emplois, des compétences et une capacité de création de richesse dans l’économie nationale.

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