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HORIZON NEWS

Lomé, 25 septembre 2026 – La 7ᵉ édition d’IndabaX Togo se tint du 24 au 26 septembre 2026 sur le campus universitaire de Lomé, autour du thème « Écosystème IA : recherche, innovation et coopération ». Durant trois jours, chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants, entreprises, administrations et partenaires se réunirent pour réfléchir aux moyens de faire de l’intelligence artificielle un véritable levier de développement au Togo et en Afrique.
La rencontre mit particulièrement l’accent sur une question : comment passer de la recherche et des connaissances produites dans les laboratoires à des solutions concrètes répondant aux besoins des populations ?

Construire une intelligence artificielle ancrée dans les réalités locales

Dès l’ouverture des travaux, les différents intervenants soulignèrent la nécessité de développer un écosystème national capable de produire et d’utiliser des solutions d’intelligence artificielle adaptées aux réalités africaines.
Au nom de l’École Nationale Polytechnique, son représentant souhaita la bienvenue aux participants et rappela la vocation de l’établissement dans les domaines de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la science des données.
Il expliqua que l’intelligence artificielle obligea déjà les établissements de formation à repenser leurs programmes, leurs méthodes pédagogiques et leurs modes d’évaluation. Pour lui, il ne s’agira plus seulement de transmettre des connaissances. Il faudra surtout former des esprits critiques capables d’utiliser l’IA avec discernement, de la concevoir avec rigueur et d’en mesurer les conséquences.
L’école entendit ainsi jouer pleinement son rôle autour de trois missions : la formation, la recherche et le transfert. Elle annonça notamment le renforcement des enseignements en science des données, en intelligence artificielle, en systèmes embarqués et en cybersécurité, avec une attention particulière accordée à l’éthique.

La recherche locale au cœur de la souveraineté technologique

Prenant la parole au nom du Togo AI Lab, un enseignant-chercheur rappela que « l’intelligence artificielle ne se décrète pas, elle se construit ». Cette construction nécessita, selon lui, des talents bien formés, des données de qualité, des infrastructures de calcul, mais également de la patience et de la persévérance.
Il souligna que la plupart des grands modèles d’IA furent conçus et entraînés ailleurs, à partir de données reflétant souvent d’autres langues, d’autres cultures et d’autres réalités.
Cette situation posa alors la question de la pertinence des solutions proposées aux populations africaines. D’où la nécessité, expliqua-t-il, de produire localement une partie des connaissances afin de développer des outils capables de répondre aux besoins des agriculteurs, commerçants, administrations, étudiants ou encore professionnels de santé. La recherche locale apparut ainsi comme l’un des leviers permettant de renforcer la souveraineté technologique du continent.

Transformer les résultats de recherche en solutions

Mais produire de la connaissance ne suffira pas. Le représentant du Togo AI Lab déplora que certains travaux scientifiques de qualité restassent parfois confinés aux laboratoires ou aux publications sans parvenir jusqu’aux utilisateurs auxquels ils pourraient être utiles.
Il identifia donc le passage de la recherche à l’innovation comme l’un des maillons à renforcer dans l’écosystème de l’intelligence artificielle.
Pour y parvenir, plusieurs pistes furent avancées : développer des partenariats avec les entreprises et les administrations, faciliter l’accès à des données dans un cadre sécurisé, multiplier les projets pilotes, les stages et les thèses appliquées aux problèmes réels. La coopération entre les laboratoires, le monde académique, les entreprises et les administrations apparut ainsi comme une réponse concrète à ce défi.

Former les compétences dont l’Afrique aura besoin

Face à l’évolution rapide des technologies, les participants insistèrent sur la nécessité de préparer une nouvelle génération de professionnels capables non seulement d’utiliser les outils d’IA, mais aussi de les comprendre, de les concevoir et de les adapter aux réalités locales. Aux étudiants présents, les intervenants lancèrent donc un appel à la curiosité, à l’audace et à la rigueur.
Le représentant de l’École Nationale Polytechnique les invita à profiter de la conférence pour interroger les experts, échanger avec les professionnels et explorer de nouvelles pistes susceptibles de déboucher sur des projets de recherche, des innovations ou des entreprises.
Ainsi, la formation ne fut pas présentée comme une simple transmission de connaissances, mais comme un investissement dans les capacités africaines à maîtriser les technologies de demain.

Industrie et intelligence artificielle : préparer la transformation

Les échanges portèrent également sur l’avenir de l’industrie à l’ère de l’intelligence artificielle. Les intervenants estimèrent que l’Afrique devait se préparer à devenir un acteur de cette transformation en renforçant ses infrastructures, ses compétences et ses mécanismes de coopération.
Dans cette perspective, l’École Nationale Polytechnique annonça qu’elle envisageait un prochain rendez-vous avec les entreprises et les industriels afin d’identifier leurs besoins et de réfléchir aux moyens de transformer leurs activités grâce à l’intelligence artificielle et à la science des données. Une démarche qui devrait permettre de rapprocher davantage les besoins du secteur productif et les capacités de recherche et d’innovation des établissements d’enseignement supérieur.

Une IA performante, mais aussi responsable

Les opportunités offertes par l’intelligence artificielle ne firent toutefois pas oublier les questions éthiques.
Emploi, protection des données, biais algorithmiques, transparence et souveraineté figurèrent parmi les préoccupations soulevées durant les échanges.
Le représentant du Togo AI Lab rappela à ce sujet qu’une intelligence artificielle performante, mais biaisée, opaque ou intrusive, ne saurait être considérée comme un véritable progrès. Les chercheurs furent ainsi appelés à concevoir des systèmes fiables, explicables et respectueux des personnes. Cette exigence éthique devra accompagner le développement des solutions locales afin que l’innovation technologique reste au service de la société.

Une coopération entre tous les acteurs

Pour la communauté togolaise de l’intelligence artificielle, le développement d’un tel écosystème ne pourra se faire avec un seul acteur.
Le chercheur aura besoin de l’entreprise pour transformer ses travaux en applications. L’entreprise aura besoin des universités et des écoles pour former les compétences nécessaires. L’administration pourra s’appuyer sur la recherche et l’innovation pour moderniser ses services.
C’est cette complémentarité que les organisateurs voulurent mettre en avant à travers le thème de cette 7ᵉ édition. Recherche, Innovation et Coopération constituèrent ainsi les trois piliers autour desquels les participants cherchèrent à construire des passerelles plus solides entre les différents acteurs.

Au terme des premiers échanges, une conviction se dégagea : l’enjeu ne consistera plus seulement à observer la révolution de l’intelligence artificielle, mais à créer les conditions permettant au Togo et à l’Afrique d’y prendre pleinement part.
La réussite de cette dynamique dépendra désormais de la capacité des acteurs à transformer les échanges en actions : des partenariats concrets, des projets de recherche appliquée, des formations adaptées, des solutions locales et des innovations utiles aux populations.

En réunissant durant trois jours la communauté scientifique, les étudiants, les entreprises, les administrations et les partenaires, IndabaX Togo 2026 posa ainsi les bases d’une réflexion tournée vers l’action. Car derrière les algorithmes et les technologies, l’enjeu demeura avant tout humain : former, innover, coopérer et produire des solutions capables de répondre aux réalités du continent africain.

Jean-Marc Edron

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