Le Nigeria accélère ses procédures commerciales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le pays a réduit de plus de cinq jours à seulement 24 heures le délai de traitement du certificat d’origine, grâce à la numérisation des processus d’enregistrement, de vérification et de certification.
L’annonce a été faite par la ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Dr Jumoke Oduwole, lors de la réunion du troisième trimestre du Comité central de coordination de la ZLECAf, à Abuja.
Cette réforme vise à rapprocher les procédures administratives des exigences opérationnelles des entreprises engagées dans le commerce intra-africain. Dans le cadre de la ZLECAf, le certificat d’origine constitue en effet un document essentiel pour accéder au traitement tarifaire préférentiel prévu par l’Accord. Il permet à l’exportateur de démontrer que les marchandises concernées satisfont aux règles d’origine applicables.
La réduction du délai de traitement à 24 heures peut avoir un impact direct sur la capacité des entreprises à respecter leurs engagements commerciaux, notamment pour les commandes assorties de délais de livraison courts.
La ministre nigériane a cité le cas d’une entreprise de mode ayant obtenu, lors d’une mission commerciale au Botswana, une commande de 6 000 T-shirts. Pour ce type d’opération, la célérité des formalités administratives peut constituer un facteur important dans l’exécution de la commande et la fluidité des échanges.
Au-delà de la délivrance du certificat, cette réforme illustre surtout l’utilisation des outils numériques pour simplifier les procédures liées au commerce transfrontalier.
L’expérience nigériane met en évidence l’un des enjeux de la mise en œuvre de la ZLECAf : transformer les engagements contenus dans l’Accord en procédures concrètement accessibles aux opérateurs économiques.
Pour les entreprises, l’intégration commerciale africaine ne se mesure pas uniquement à l’existence de règles communes. Elle dépend également de la capacité des administrations à réduire les délais, simplifier les formalités et faciliter la circulation des marchandises.
La numérisation de l’enregistrement, de la vérification et de la certification constitue ainsi un levier pour réduire les coûts administratifs et améliorer la prévisibilité des opérations commerciales.
La réduction du délai de délivrance du certificat d’origine constitue un exemple de traduction opérationnelle des dispositions de la ZLECAf. Elle montre que la réussite de l’intégration commerciale dépend aussi de l’efficacité des mécanismes administratifs mis en place dans les États parties.
Pour les exportateurs africains, l’enjeu est désormais de pouvoir utiliser ces mécanismes pour accéder plus rapidement aux marchés, exécuter les commandes et développer les échanges intra-africains.
L’expérience nigériane illustre ainsi une étape importante de la mise en œuvre de la ZLECAf : faire passer progressivement l’intégration commerciale africaine des textes et engagements continentaux aux procédures effectivement utilisables par les entreprises.













