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Le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), renforce la sensibilisation des acteurs du littoral sur l’Accord BBNJ. Un atelier de deux jours réunit collectivités côtières, chefferies traditionnelles, société civile et acteurs du monde marin autour des enjeux de conservation de la biodiversité en haute mer.

Le Togo entend renforcer l’implication des communautés côtières dans la préservation de la biodiversité marine. Dans cette perspective, le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a organisé, le 25 août 2025 à l’hôtel Lebene, un atelier de sensibilisation consacré à l’Accord BBNJ.

La rencontre, prévue sur deux jours, rassemble des représentants des collectivités territoriales et communes côtières, des chefs traditionnels des quartiers riverains du littoral, ainsi que des organisations de la société civile et différents acteurs du secteur maritime.

L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension du contenu de l’Accord BBNJ, mais aussi de renforcer son appropriation par les acteurs locaux directement concernés par la gestion et la préservation des ressources marines.

Pour Jean Auguste Barthélémy Batieno, coordinateur régional du projet WASOP-3, l’implication des populations côtières constitue une condition essentielle à la réussite des politiques de conservation marine.

« Il est essentiel de sensibiliser les communautés littorales, car elles sont directement liées à la mer et dépendent de ses ressources, notamment pour la pêche », a-t-il expliqué.

Selon lui, la protection durable des océans et de leur biodiversité ne saurait être efficace sans la participation active des populations riveraines. La société civile est également appelée à jouer un rôle d’interface entre les communautés et les pouvoirs publics, notamment en facilitant la diffusion de l’information et l’accompagnement des initiatives locales.

Cette démarche s’inscrit dans le processus de mise en œuvre de l’Accord BBNJ, auquel le Togo a adhéré dès les premières étapes. Elle vise notamment à permettre aux institutions publiques, aux communautés, à la société civile et aux médias de mieux appréhender les dispositions du traité, ses exigences et les opportunités qu’il peut représenter pour un État côtier comme le Togo.

La chefferie traditionnelle entend également contribuer à la sensibilisation des populations. Togbuigan Adela Aklassou IV, chef du canton de Bè, a salué l’initiative du Haut Conseil pour la Mer et réaffirmé la disponibilité des autorités traditionnelles à accompagner les pouvoirs publics dans le processus.

« La chefferie traditionnelle s’engage pleinement à accompagner le gouvernement dans la mobilisation et la sensibilisation des communautés sur les bénéfices de l’accord BBNJ », a-t-il déclaré.

Les différents canaux de communication communautaires ainsi que les associations locales pourront être mis à contribution pour toucher davantage de populations.

Le chef du canton de Bè a notamment évoqué l’expérience d’organisations engagées dans la protection de la biodiversité, à l’instar de l’association ERD, comme un levier susceptible de renforcer la sensibilisation dans le Grand-Bè et auprès des communautés des Lacs.

Au-delà de la sensibilisation, l’atelier vise à permettre aux collectivités territoriales et aux organisations participantes de mieux comprendre les enjeux liés au BBNJ, d’identifier leurs responsabilités et de relayer les principaux messages auprès des populations.

Pour le HCM, cette approche doit contribuer à instaurer une collaboration plus étroite entre l’État, les collectivités territoriales, les communautés côtières et la société civile. L’ambition est de favoriser une gouvernance maritime plus inclusive et participative, fondée sur une meilleure implication des acteurs locaux.

« Les engagements internationaux doivent se traduire par un renforcement concret des capacités nationales, et ces capacités doivent permettre au Togo de mieux défendre ses intérêts et de contribuer utilement aux décisions internationales relatives aux océans. Le processus national de ratification ne saurait être réduit à une formalité juridique. Il constitue une démarche stratégique qui exige anticipation, coordination institutionnelle, mobilisation des compétences et préparation méthodique de nos capacités nationales », a souligné Dr Lare PENN, chef de cabinet/ HCM.

Adopté le 19 juin 2023, après plus de quinze années de négociations internationales, l’Accord BBNJ vise la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.

Le traité repose sur quatre principaux piliers : les ressources génétiques marines et le partage des avantages qui en découlent ; les outils de gestion par zone, notamment les aires marines protégées ; les études d’impact environnemental ; ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.

Pour le Togo, pays côtier dont une partie des activités et des moyens de subsistance dépendent des ressources marines, l’appropriation de ces enjeux par les communautés apparaît comme un préalable important à la mise en œuvre effective de politiques de conservation durable.

À travers cette campagne de sensibilisation, le Haut Conseil pour la Mer entend ainsi rapprocher les engagements internationaux des réalités locales et faire des communautés côtières des acteurs à part entière de la protection de la biodiversité marine.

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