Réunis à Abuja, au Nigeria, dans le cadre de la 11ᵉ réunion du Sous-comité de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sur la facilitation des échanges, la coopération douanière et le transit, les experts africains des douanes ont franchi une nouvelle étape dans la modernisation des procédures commerciales. Les travaux visent à accélérer les échanges intra-africains grâce à la numérisation des services douaniers, à l’harmonisation des procédures et au renforcement de la coopération entre les États.
Organisée par la Direction de l’administration douanière du Secrétariat de la ZLECAf, la rencontre a réuni des représentants des États parties autour de plusieurs réformes stratégiques destinées à rendre le commerce transfrontalier plus rapide, plus sûr et moins coûteux.
« La ZLECAf est passée des négociations à la mise en œuvre ; notre priorité est désormais de bâtir un environnement douanier numériquement connecté qui rende le commerce intra-africain plus rapide, plus simple et plus prévisible », a déclaré Demitta Gyang, Directrice de l’administration douanière au Secrétariat de la ZLECAf.

Les participants ont notamment examiné le certificat d’origine électronique (e-Certificate of Origin), appelé à remplacer progressivement les documents papier. Cet outil permettra aux administrations douanières de vérifier électroniquement l’origine des marchandises afin de faciliter l’application des préférences tarifaires prévues par la ZLECAf.
Selon le Secrétariat, cette innovation contribuera à réduire les risques de fraude, à accélérer les opérations de dédouanement et à simplifier l’accès des entreprises africaines aux avantages commerciaux de l’accord.
« Des certificats d’origine électroniques au partage continental d’informations douanières, l’Afrique pose les fondations numériques d’un marché véritablement intégré », a souligné Demitta Gyang.
Les experts ont également poursuivi les travaux sur les plateformes douanières numériques interconnectées, destinées à favoriser l’échange d’informations entre administrations et à réduire les délais de traitement des marchandises aux frontières.
Autre chantier majeur : le Régime de garantie unique de caution, qui permettra aux marchandises en transit de circuler à travers plusieurs pays avec une seule garantie financière, en remplacement des cautions multiples actuellement exigées à chaque frontière.
Cette réforme devrait réduire sensiblement les coûts logistiques, limiter les immobilisations de camions et améliorer la fluidité des corridors commerciaux régionaux.
Le Sous-comité a également examiné l’extension du programme des Opérateurs économiques agréés (OEA), un dispositif qui offre un traitement douanier accéléré aux entreprises respectant les normes de conformité. Cette approche permettra aux administrations douanières de concentrer davantage leurs contrôles sur les cargaisons présentant un niveau de risque élevé.

Les discussions ont également porté sur le renforcement des capacités des agents des douanes et sur une meilleure coordination entre les différentes administrations présentes aux frontières.
Pour le Secrétariat de la ZLECAf, la réussite de la modernisation douanière repose autant sur les investissements technologiques que sur la formation des ressources humaines et l’amélioration de la coopération interinstitutionnelle.
« Le temps des cadres normatifs cède la place au temps des résultats. Les États parties traduisent désormais les engagements de la ZLECAf en outils concrets que les commerçants peuvent utiliser », a affirmé Demitta Gyang.
À l’issue de la réunion, les participants ont validé plusieurs instruments destinés à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf. Il s’agit notamment de l’approbation du programme de travail sur la facilitation des échanges, du cadre juridique du certificat d’origine électronique, ainsi que du règlement ministériel relatif à la notification des transpositions du Système harmonisé (SH), révisé tous les cinq ans.
Le Sous-comité a également recommandé la reconnaissance mutuelle des Opérateurs économiques agréés entre les États parties, une mesure qui devrait renforcer la confiance entre administrations douanières et simplifier davantage les procédures de dédouanement.
Pour le Secrétariat de la ZLECAf, les décisions prises à Abuja traduisent la volonté des États africains de transformer progressivement l’accord commercial continental en un marché intégré, où les marchandises circulent plus librement grâce à des procédures harmonisées, numériques et sécurisées.













