Atakpamé – Face aux effets grandissants du changement climatique et à l’appauvrissement des terres agricoles, le Togo choisit d’agir. Avec l’ambition de bâtir une filière cotonnière plus performante, plus résiliente et respectueuse de l’environnement, la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) a officiellement lancé, à Atakpamé, un vaste projet de promotion des cultures régénératrices. Soutenue par l’African Cotton Foundation (ACF) et mise en œuvre en partenariat avec OLAM Global CRS, cette initiative entend transformer durablement les pratiques agricoles et améliorer les conditions de vie de près de 24 000 producteurs.
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs personnalités, notamment le maire de la commune Ogou 1, Dr Komlan Mensah Kassamada, le Secrétaire général de la préfecture de l’Ogou représentant le gouverneur de la région des Plateaux, le président du Conseil d’administration de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC), ainsi que des responsables du secteur agricole, des partenaires techniques et financiers et de nombreux producteurs.
Représentant le ministre de l’Agriculture, le Directeur régional de l’Agriculture Plateaux-Est, M. Kokouvi Konoutchi, a rappelé que le coton demeure une culture stratégique pour l’économie togolaise et une importante source de revenus pour des milliers de familles rurales. Il a toutefois souligné que cette filière est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs liés à la dégradation des sols, à la baisse de leur fertilité et aux perturbations climatiques.
Selon lui, le projet de cultures régénératrices s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement, qui fait de la transformation durable de l’agriculture un levier essentiel de sécurité alimentaire, de création de richesses et de résilience des exploitations agricoles. Il a invité les producteurs à s’approprier ces nouvelles pratiques tout en appelant les équipes techniques et les partenaires à assurer un accompagnement de proximité pour garantir le succès du projet.
Concrètement, le programme vise à promouvoir un système de production cotonnière durable capable de restaurer les sols, d’améliorer les rendements, de renforcer la résilience face aux changements climatiques et d’améliorer durablement les revenus de 23 850 producteurs. Il prévoit notamment la mise en place d’écoles pratiques d’agriculture, la formation de producteurs et de formateurs, la promotion du biochar et du bokashi, la lutte contre l’érosion des sols ainsi que la diffusion à grande échelle des techniques d’agriculture régénératrice.
Le Directeur général de la NSCT, M. Martin Drevon, a rappelé que cette initiative est le fruit d’un travail engagé depuis plusieurs années. Dès 2023, avec l’appui d’OLAM Global CRS, les agents de terrain ont été formés aux techniques de labour zéro, de lutte antiérosive et de fabrication du biochar et du bokashi. Cette dynamique s’est renforcée lors de la campagne 2025-2026 avec la création de 40 champs-écoles permettant aux producteurs d’expérimenter directement ces innovations.
Les premiers résultats témoignent déjà de l’engouement des producteurs : 37 550 cotonculteurs ont été formés au labour zéro, dont près de 24 000 ont adopté cette pratique ; 36 650 producteurs ont été sensibilisés à la rotation des cultures avec un taux d’adoption de 97 % ; plus de 27 tonnes de biochar et 24 tonnes de bokashi ont été produites grâce à l’appui des partenaires scientifiques et techniques.
Au-delà des performances agricoles, la NSCT met également en avant son engagement social. Caravanes médicales, forages d’eau potable, associations villageoises d’épargne, programmes d’alphabétisation, reboisement et foyers améliorés figurent parmi les actions destinées à améliorer durablement les conditions de vie des communautés cotonnières.
Au nom des producteurs, le président du Conseil d’administration de la FNGPC, M. Koussouwè Kouroufei, a salué une initiative porteuse d’espoir. Il a exprimé les attentes des cotonculteurs, qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement technique renforcé et de solutions innovantes pour restaurer les sols, accroître les rendements et mieux résister aux effets du changement climatique. Il a réaffirmé l’engagement des organisations de producteurs à contribuer pleinement à la réussite du projet.
En lançant officiellement ce programme, le gouvernement togolais, la NSCT et leurs partenaires ambitionnent de faire de l’agriculture régénératrice le nouveau moteur de la compétitivité du coton togolais. Plus qu’un simple projet agricole, cette initiative ouvre la voie à une filière capable de concilier performance économique, préservation des ressources naturelles et amélioration durable des revenus des producteurs, faisant ainsi du Togo une référence régionale en matière de coton durable.
Jean-Marc EDRON














