Le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) réunit, du 6 au 8 juillet 2026 à Lomé, les principaux partenaires du Programme régional d’appui au développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Organisé en collaboration avec la Coopération allemande (GIZ), Enabel et CARE, avec l’appui financier de l’Union européenne, cet atelier de planification vise à harmoniser les approches de mise en œuvre de ce vaste programme régional doté de 60 millions d’euros, soit près de 40 milliards de FCFA.
Pendant trois jours, les participants travaillent à la cofinalisation des indicateurs de performance, à l’harmonisation des approches méthodologiques, à la planification conjointe des activités ainsi qu’à la mise en place de mécanismes communs de suivi-évaluation et de reddition des comptes. L’objectif est d’aboutir à une feuille de route consensuelle permettant d’assurer une meilleure coordination entre les différents corridors d’intervention Est, Ouest et Central et de renforcer la complémentarité des actions menées sur le terrain.
Le PRADEP-AOS intervient dans un contexte où le pastoralisme, pilier des économies rurales en Afrique de l’Ouest et au Sahel, fait face à des défis croissants. Les effets du changement climatique, la dégradation des terres, la pression sur les ressources naturelles, l’expansion des surfaces agricoles, l’insécurité dans les zones du Liptako-Gourma et du bassin du Lac Tchad, ainsi que la faible coordination des interventions constituent autant de facteurs qui fragilisent les systèmes pastoraux.
Pour répondre à ces enjeux, le programme mise sur une approche intégrée ciblant les principaux espaces transfrontaliers de mobilité du bétail. Il couvre treize pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Prévu sur une durée de cinq ans, il entend renforcer la gouvernance territoriale du pastoralisme, promouvoir une gestion durable des ressources naturelles, améliorer les systèmes de production et développer les chaînes de valeur de l’élevage.

Représentant le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr Edwige Yaro-Botoni a rappelé que le PRADEP-AOS s’inscrit dans le cadre du Programme indicatif pluriannuel 2021-2027 de l’Union européenne pour l’Afrique subsaharienne. Selon elle, son ambition est de renforcer la contribution du secteur de l’élevage à la transformation des systèmes alimentaires durables et à une croissance verte, inclusive et résiliente dans la région.
Le programme poursuit également un objectif spécifique : améliorer la résilience économique des ménages pastoraux et agropastoraux.
« À cette fin, plusieurs axes d’intervention ont été définis, notamment le renforcement de la gouvernance des ressources naturelles transfrontalières, la prévention des maladies animales et zoonotiques, l’amélioration de la compétitivité des chaînes de valeur pastorales ainsi que la création d’un environnement politique et réglementaire plus favorable à la transhumance, au commerce du bétail et à la circulation des intrants d’élevage », a expliqué Salifou Mahamadou, Coordonnateur Régional par intérim du PRADEP-AOS.
Au Togo, comme dans les autres pays sahéliens et côtiers de la sous-région, l’élevage et la mobilité pastorale jouent un rôle essentiel dans les économies rurales et la sécurité alimentaire. Les organisateurs estiment qu’une meilleure coordination régionale est désormais indispensable pour préserver cette activité face aux multiples défis sécuritaires, climatiques et environnementaux.
Selon les données de la FAO (FAOSTAT 2021), l’Afrique de l’Ouest et le Sahel disposent d’un cheptel de plus de 112 millions de bovins, 170 millions d’ovins, 224 millions de caprins et près de 15 millions de camelins. Le secteur représente jusqu’à 36 % du PIB agricole dans les pays sahéliens, contre une moyenne de 15 % dans les pays côtiers, illustrant son poids stratégique pour les économies de la région.














