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Le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria veulent reprendre le contrôle de la chaîne de valeur du cacao. Réunis cette semaine à Abuja, les quatre principaux producteurs africains lanceront officiellement la « Cocoa Value Alliance », une initiative destinée à accélérer la transformation locale du cacao et à renforcer leur pouvoir de négociation sur le marché mondial.

À l’occasion du Sommet sur la valorisation du cacao, les quatre pays, qui représentent ensemble près des deux tiers de la production mondiale, doivent signer la Déclaration d’Abuja, officialisant leur engagement à réduire progressivement les exportations de fèves brutes au profit de la transformation industrielle sur le continent.

L’ambition est de rompre avec un modèle économique dans lequel les fèves sont exportées vers les pays industrialisés avant d’être transformées puis revendues sous forme de produits finis à forte valeur ajoutée.

À travers la Cocoa Value Alliance, les États partenaires souhaitent harmoniser leurs politiques, négocier des normes communes, défendre une rémunération plus équitable des producteurs et dialoguer avec les acheteurs internationaux d’une seule voix.

L’initiative vise également à stimuler les investissements dans les industries de transformation, créer davantage d’emplois locaux et accroître durablement les revenus des producteurs de cacao, régulièrement confrontés à la volatilité des prix mondiaux.

Les gouvernements, les organisations de producteurs et les partenaires techniques et financiers travailleront conjointement pour suivre les progrès de la transformation locale et améliorer les conditions de vie des planteurs. L’alliance entend également coordonner la réponse des pays membres aux nouvelles exigences du règlement européen sur la déforestation, afin de limiter les coûts de conformité supportés par les petits exploitants.

« Pendant 100 ans, l’Afrique a envoyé son cacao en sacs et l’a reçu en retour sous forme de chocolat emballé », a déclaré le ministre nigérian de l’Industrie, John Owan Enoh, résumant la volonté des pays membres de capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par cette filière stratégique.

Avec la future Déclaration d’Abuja, les quatre pays entendent ainsi renforcer leur influence sur le marché international du cacao, favoriser l’industrialisation du continent et inscrire la transformation locale au cœur de leur stratégie de développement économique. Ces 04 pays prodisent près de 66 % du cacao mondial.

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