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Le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a officiellement lancé, ce 9 juillet à Lomé, le Programme régional d’appui au développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Doté de 60 millions d’euros (près de 40 milliards de FCFA) et financé par l’Union européenne, ce programme ambitionne de faire du pastoralisme un levier de croissance économique, de sécurité alimentaire et de stabilité régionale.

Mis en œuvre sur cinq ans (2025-2030), le PRADEP-AOS s’inscrit dans le Programme indicatif pluriannuel 2021-2027 de l’Union européenne pour l’Afrique subsaharienne. Son exécution est confiée à la Coopération allemande (GIZ), Enabel et CARE.

Le programme vise à renforcer la contribution du secteur de l’élevage à la transformation des systèmes alimentaires durables, tout en améliorant la résilience économique des ménages pastoraux et agropastoraux.

« Le lancement du PRADEP-AOS constitue bien plus que le démarrage d’un nouveau programme. Il traduit une ambition collective : faire du pastoralisme un véritable moteur de croissance économique, de résilience, d’intégration régionale et de stabilité pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel », a déclaré Dr Sylvain Ouédraogo, secrétaire exécutif adjoint du CILSS. Il a rappelé que cette ambition intervient dans un contexte marqué par le changement climatique, les conflits liés à l’accès aux ressources, l’insécurité alimentaire et les difficultés de mobilité pastorale.

Selon les données de la FAO (FAOSTAT 2021), l’Afrique de l’Ouest et le Sahel comptent plus de 112 millions de bovins, 170 millions d’ovins, 224 millions de caprins et près de 15 millions de camelins. Le secteur représente jusqu’à 36 % du PIB agricole dans les pays sahéliens, contre une moyenne de 15 % dans les pays côtiers.

Au Togo, l’élevage contribue à environ 6,7 % du PIB national et représente entre 14 % et 16 % du PIB agricole. Cette activité fait vivre près d’un quart des ménages ruraux et mobilise plus de 75 % de la population active agricole.

Pour Konlani Dindiogue, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire (MAPRASA), le programme marque un changement d’approche.

« Il ne s’agit plus seulement de soutenir la production animale, mais de construire une véritable économie pastorale capable de créer davantage de valeur ajoutée, de renforcer les échanges commerciaux, de sécuriser les moyens d’existence des populations et de contribuer durablement à la stabilité de nos territoires », a-t-il souligné.

Le PRADEP-AOS couvre treize pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Ses interventions porteront notamment sur la gouvernance des espaces pastoraux transfrontaliers, la gestion durable des ressources naturelles, la santé animale, le développement des chaînes de valeur de l’élevage ainsi que l’amélioration des politiques publiques favorisant la mobilité pastorale, le commerce du bétail et la circulation des intrants d’élevage.

À travers ce programme régional, le CILSS et ses partenaires entendent faire du pastoralisme un secteur plus résilient, plus compétitif et davantage intégré aux dynamiques de développement économique de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

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