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Le projet Making Trade Work for Women (MTWW), ou « Faire fonctionner le commerce pour les femmes », franchit une nouvelle étape au Togo avec le lancement, les 29 et 30 juin 2026 dans la commune des Lacs 1, d’une session de formation destinée aux agents des services frontaliers.

Cette initiative réunit des agents des douanes, de l’immigration, des forces de sécurité et d’autres services de contrôle autour des enjeux liés à la protection des droits des femmes commerçantes dans le commerce transfrontalier.

La formation vise à renforcer leurs compétences sur les droits et devoirs des femmes et des jeunes dans le commerce, les dispositions du Protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les mécanismes de prévention et de réduction des violences basées sur le genre (VBG) aux frontières, ainsi que le fonctionnement de la Solution automatisée de marquage (SAM), un dispositif destiné à améliorer la traçabilité et la sécurité des échanges commerciaux.

À l’ouverture des travaux, Kouévi Kangni, adjoint au maire de la commune des Lacs 1, a salué le rôle déterminant des femmes dans l’économie locale et régionale.

« Depuis des générations, elles assurent l’approvisionnement des marchés, dynamisent les échanges et participent activement au développement économique local. »

Il a réaffirmé l’engagement de la municipalité à soutenir toutes les initiatives favorisant l’autonomisation économique des femmes, estimant que leur réussite contribue directement au développement des communautés.

Organisée en partenariat avec TradeMark Africa (TMA) dans le cadre du projet Making Trade Work for Women in West Africa (MTWW), avec l’appui d’Affaires mondiales Canada, cette formation s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la ZLECAf. Elle met l’accent sur la maîtrise des réglementations commerciales, le respect des normes ainsi que la promotion de pratiques sensibles au genre au niveau des postes-frontières.

Pour Brice Adou, responsable du programme Commerce inclusif de TMA, cette initiative répond à une réalité préoccupante.

« Les femmes représentent plus de 60 % du commerce intrarégional en Afrique de l’Ouest, mais elles restent confrontées à de nombreux obstacles, notamment le harcèlement verbal et physique aux frontières, la lourdeur des procédures administratives, l’accès limité à l’information et diverses pratiques discriminatoires. »

Selon lui, ces difficultés compromettent non seulement la sécurité et la dignité des commerçantes, mais constituent également un frein au développement du commerce régional et à l’intégration économique ouest-africaine.

Représentant le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, le directeur général du Commerce, Dr Talime Abe, a souligné que cette formation constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des services rendus aux femmes commerçantes aux frontières.

Il a mis en avant deux modules particulièrement stratégiques.

Le premier porte sur la Solution automatisée de marquage (SAM), un outil permettant de sécuriser les transactions commerciales, de protéger les consommateurs et d’assurer la traçabilité des produits circulant dans l’espace régional.

Le second est consacré à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Selon lui, ces violences portent atteinte à la dignité des femmes commerçantes et freinent leur autonomisation économique ainsi que l’intégration régionale.

« Former nos agents à identifier, prévenir et signaler ces violences, c’est non seulement remplir une obligation morale, mais aussi poser les jalons d’un commerce transfrontalier véritablement inclusif et respectueux des droits de toutes et de tous. Nous ne pouvons pas permettre que nos frontières soient des obstacles à leur épanouissement économique, alors qu’elles devraient être des portes ouvertes sur l’intégration régionale », a-t-il déclaré.

Conçu pour lever les principaux obstacles auxquels sont confrontées les femmes dans le commerce transfrontalier, le projet Making Trade Work for Women (MTWW) est mis en œuvre dans six pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo.

Lancé en 2024, le programme s’étendra jusqu’en 2030. À travers cette initiative, les partenaires ambitionnent de renforcer l’inclusion économique des femmes, de faciliter leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et de favoriser une participation plus équitable aux opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.

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