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À quelques jours du renouvellement des délégués à la Chambre de Métiers du Togo, des voix s’élèvent au sein du secteur artisanal pour dénoncer des dysfonctionnements dans l’organisation du scrutin. Lors d’un point de presse tenu à Lomé, le Groupement des Organisations Professionnelles des Artisans du Togo (GOPAT) a exprimé ses préoccupations quant au déroulement du processus électoral et a appelé à l’intervention des autorités compétentes afin de garantir un vote transparent et inclusif.

Face aux médias, le président du GOPAT, Zomblèwou Koffi, a affirmé que plusieurs candidatures introduites par des membres de son organisation auraient été rejetées sans motifs suffisamment explicites. Il a également signalé l’absence sur les listes électorales de nombreux artisans pourtant régulièrement enregistrés et détenteurs de quittances attestant du paiement de leurs droits.

« Des artisans ont payé leurs droits, disposent de leurs reçus, mais leurs noms ne figurent pas sur les listes électorales. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette situation », a-t-il déclaré.

Selon le GOPAT, l’enjeu dépasse le cadre des seuls dossiers de candidature rejetés et concerne plus largement le respect des droits électoraux des artisans. L’organisation affirme représenter près de 7 000 professionnels du secteur à travers le pays.

Concernant les rumeurs de corruption qui entourent le processus électoral, le président du groupement s’est montré prudent, appelant à des vérifications objectives plutôt qu’à des accusations.

« Nous n’accusons personne. Nous demandons simplement que les allégations faisant état de demandes d’argent pour le traitement de certains dossiers fassent l’objet d’un audit indépendant », a-t-il précisé.

Le GOPAT estime qu’une enquête impartiale permettrait de rétablir la confiance entre les artisans et les structures chargées de l’organisation des élections.

Parmi les autres préoccupations soulevées figure la gestion des cartes professionnelles par l’Union des Chambres Régionales de Métiers. Le groupement affirme que certains artisans, bien que détenteurs de cartes produites par les services techniques, se verraient refuser l’accès au vote faute de pouvoir présenter un reçu de commande.

L’organisation dénonce également le blocage de nombreuses cartes au niveau des Comités Communaux des Métiers (CCOM) ainsi que l’affectation de certains artisans à des centres de vote différents de ceux auxquels ils sont habitués.

Le GOPAT indique avoir saisi la Commission nationale de supervision conformément aux procédures prévues. Toutefois, ses responsables jugent que les réponses reçues n’apportent pas de solutions aux préoccupations soulevées.

« Nos signatures ont été vérifiées, mais la question essentielle demeure : pourquoi des artisans ayant rempli toutes les conditions requises ne peuvent-ils pas exercer leur droit de vote ? », s’interrogent-ils.

Tout en saluant les efforts engagés par les autorités en faveur du développement du secteur artisanal, le groupement estime que ces investissements doivent s’accompagner d’une gouvernance électorale irréprochable.

Dans cette perspective, le GOPAT appelle les pouvoirs publics à prendre plusieurs mesures, notamment la réalisation d’un audit indépendant du processus électoral, la publication intégrale des listes électorales, la délivrance effective des cartes professionnelles en attente, l’examen des recours introduits par les artisans et la garantie du droit de vote pour tous les électeurs remplissant les conditions légales.

Pour le président du GOPAT, l’enjeu est à la hauteur de l’importance économique du secteur artisanal au Togo.

« L’artisanat représente près de 80 % des emplois dans notre pays. Un secteur aussi stratégique mérite un processus électoral transparent, crédible et inclusif », a-t-il souligné.

À travers cette démarche, le GOPAT affirme vouloir contribuer à la préservation du climat social et au renforcement de la démocratie professionnelle dans le secteur artisanal togolais. L’évolution du dossier reste suivie de près par les artisans et les acteurs du développement économique du pays.

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