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HORIZON NEWS

Innovation pédagogique, transformation numérique, coopération universitaire et réforme des dispositifs de formation : le deuxième colloque scientifique international de l’ENS d’Atakpamé veut contribuer à apporter des réponses concrètes aux défis de l’éducation en Afrique.

Comment former des enseignants capables de préparer les nouvelles générations aux réalités d’un monde en pleine mutation ? Cette interrogation est au cœur du deuxième colloque scientifique international ouvert le 4 novembre 2026 à l’École normale supérieure (ENS) d’Atakpamé. Pendant trois jours, enseignants-chercheurs, experts et responsables universitaires du Togo, du Bénin et d’autres pays de la sous-région réfléchissent aux solutions susceptibles de transformer durablement la formation des enseignants et d’améliorer la qualité des systèmes éducatifs africains.

Placée sous le thème « Repenser la formation des enseignants en Afrique : innovations pédagogiques, numérique éducatif et production de savoirs pour des systèmes éducatifs résilients », cette rencontre entend dépasser le simple diagnostic des difficultés pour explorer de nouvelles approches de formation, mieux adaptées aux besoins des sociétés africaines.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, en présence du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, le Pr Gado Tchangbedji, du gouverneur des Plateaux, le général de brigade Dadja Maganawé, ainsi que de plusieurs autorités administratives, politiques et universitaires.

Face à la croissance démographique, à l’augmentation des effectifs scolaires et aux mutations technologiques, les modèles classiques de formation montrent leurs limites. Pour répondre à ces défis, les participants préconisent un renouvellement des contenus, des méthodes pédagogiques et des mécanismes de préparation des futurs enseignants.

Le ministre Mama Omorou a particulièrement insisté sur la nécessité de changer de paradigme. « Nous ne voulons plus d’un enseignant simple exécutant des programmes », a-t-il martelé. L’ambition est de former un professionnel hautement qualifié, capable de transformer les connaissances théoriques en compétences pratiques, d’innover et de s’adapter aux crises climatiques, sanitaires et sécuritaires.

Cette transformation passe également par une meilleure intégration du numérique dans les pratiques éducatives et par la production de savoirs répondant aux réalités du continent.

Le Gouverneur des Plateaux, le Général de Brigade Dadja Maganawé, a, pour sa part, salué le choix d’Atakpamé pour accueillir ce rendez-vous scientifique. Il a rendu hommage au Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, pour la place accordée à l’éducation dans les priorités nationales et son importance dans la construction du développement durable.

Au-delà des réflexions scientifiques, le colloque mise sur la mutualisation des compétences et des expériences entre établissements de formation. L’ENS d’Atakpamé, l’ENS de Porto-Novo, l’INSE de Lomé et l’ISPAU de l’Université de Kara conjuguent leurs expertises dans une dynamique de coopération universitaire Sud-Sud.

Pour le ministre Mama Omorou, cette mobilisation traduit une volonté politique forte : celle de voir l’Afrique produire elle-même les réponses à ses défis éducatifs, plutôt que de reproduire systématiquement des modèles conçus ailleurs.

Le directeur général de l’ENS d’Atakpamé, le Pr Donyo Koffi Agbenoko, a également souligné l’importance de cette réflexion collective. Former les enseignants qui auront la responsabilité d’éduquer les générations futures exige, selon lui, une attention particulière à la qualité de leur formation, aux ressources disponibles et à l’évolution des approches pédagogiques.

Durant les trois jours de travaux, les panels et communications scientifiques permettront d’examiner les possibilités offertes par le numérique éducatif, les innovations pédagogiques et le partage des connaissances pour améliorer les performances des systèmes éducatifs.

L’enjeu est notamment de faire de la formation initiale et continue des enseignants un véritable investissement stratégique, capable de répondre aux exigences de l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4), consacré à une éducation inclusive, équitable et de qualité, ainsi qu’aux ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Car, au-delà des discours et des recommandations scientifiques, la réussite de cette ambition dépendra de la capacité des États et des institutions partenaires à traduire les propositions en réformes effectives, en ressources adaptées et en dispositifs durables de renforcement des compétences.

À Atakpamé, la réflexion est donc engagée. Reste désormais à faire de cette convergence d’expertises un véritable moteur de changement pour que l’enseignant africain ne soit plus seulement un transmetteur de connaissances, mais un acteur pleinement outillé pour construire une école de qualité, équitable et résiliente.

Jean-Marc Edron

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