L’intelligence artificielle (IA) pourrait générer entre 83 et 262 millions de dollars de gains économiques au Togo sur dix ans. Mais la concrétisation de ce potentiel reste tributaire de plusieurs défis, notamment l’accès à Internet, la formation aux compétences numériques et la qualité des infrastructures. C’est ce que révèle l’Indice Ayre, publié en marge du sommet du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda.
Selon cette étude, le Togo affiche un score de 42,6 sur 100 en matière de préparation à l’intelligence artificielle, en dessous du seuil de référence fixé à 53. Le pays occupe ainsi la 37e place sur 56 États membres du Commonwealth, dont seulement 15 atteignent ce niveau.
Malgré une couverture 4G de 99,7 % de la population, seuls 44,9 % des jeunes Togolais utilisent Internet. Le coût des données mobiles, estimé à 9,5 % du revenu mensuel moyen et à plus de 20 % pour les 40 % les moins aisés, constitue un frein majeur à l’inclusion numérique.
La qualité de la connexion représente également un défi : près de trois entreprises sur quatre signalent des interruptions de service. À cela s’ajoute la faiblesse de l’éducation numérique, le Togo obtenant un score de 2,5 sur 10, notamment en raison du manque d’enseignants formés et de la place limitée de l’informatique dans les programmes scolaires.
Plusieurs projets sont néanmoins engagés. Lancé en septembre, le programme « Voix du Togo » vise à développer des outils d’IA capables de comprendre l’éwé, le kabyè et le moba, avec l’ambition d’étendre cette technologie à une cinquantaine de langues nationales.
Les autorités forment également 101 spécialistes pour accompagner de nouveaux laboratoires d’innovation pédagogique et envisagent l’introduction de l’intelligence artificielle dans l’enseignement technique.
L’étude relève que près d’un Togolais sur quatre âgé de 18 à 29 ans dirige une jeune entreprise. Toutefois, 84 % de ces entrepreneurs déclarent s’être lancés faute d’opportunités d’emploi.
L’IA pourrait améliorer leur productivité grâce à l’automatisation des tâches et à l’optimisation des activités. Encore faut-il garantir l’accès aux compétences, aux outils technologiques et aux financements nécessaires.
Selon les scénarios du Fonds monétaire international (FMI) exploités par les chercheurs, les gains économiques liés à l’adoption de l’IA pourraient atteindre entre 83 et 262 millions de dollars sur dix ans.
La réalisation de ce potentiel dépendra de la capacité du Togo à réduire les inégalités numériques, renforcer ses infrastructures de télécommunication et investir dans le capital humain. L’enjeu est de faire de l’intelligence artificielle un véritable levier de productivité, de compétitivité et de croissance inclusive.
L’Ayre Think Tank, en collaboration avec la Calvin Ayre Foundation, mène des recherches sur les opportunités et les défis des technologies émergentes, notamment leur contribution à l’inclusion et à la prospérité économique et sociale.
















